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#EtAprès Reprenons l’histoire où nous l’avons laissée à l’automne 2009…

Il y a plus de dix ans, la France avait déjà été confrontée aux questions que l'épidémie de coronavirus pose à nouveau aujourd'hui. Et si les réponses de l'époque étaient les bonnes ? La haute fonctionnaire Camille Schepp nous rafraîchit la mémoire.

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Radio France
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Un échangeur autoroutier à Ecublens (Suisse), le 12 avril 2020. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Coronavirus : et après ? franceinfo ouvre le débat. Un échange à grande échelle pour stimuler et partager des questions, des idées, des témoignages et ouvrir le débat le plus largement possible sur les solutions de demain : #EtAprès, qu’est-ce qui doit changer ? Cette contribution de Terra Nova est signée par Camille Schepp, haute fonctionnaire. 


Les sociétés apprennent de leurs expériences. Pour des pays comme Singapour ou Hong Kong, l’épidémie de SRAS en 2003 a ainsi été un apprentissage très utile pour faire face à la crise actuelle.

Mais les sociétés peuvent aussi désapprendre. C’est ce qui s’est passé en France avec la crise du H1N1 en 2009. Rappelons-nous. Les premiers cas sont diagnostiqués au Mexique en avril. Le 15, la souche est identifiée. Un premier décès est constaté en France le 30 juillet. Mais les pouvoirs publics ont pris les devants : le ministère de la Santé a réservé dès le 15 mai 50 millions de doses du vaccin qui vient d’être mis au point, et constitué d’impressionnants stocks de matériels de protection (un milliard de masques anti-projections, 700 millions de masques FFP2…). Mais le virus s’avère rapidement beaucoup moins agressif qu’une grippe saisonnière. Le gouvernement affronte alors de violentes polémiques : l’innocuité du vaccin fait débat ; le catastrophisme du gouvernement est critiqué, ainsi que le coût de l’opération (plus de 700 millions d’euros selon la Cour des comptes)…

Au final, l’action des pouvoirs publics laissera dans l’opinion comme dans l’esprit des hauts fonctionnaires le souvenir d’un véritable fiasco. L’expérience du H1N1 nous priva ainsi d’un précieux apprentissage. Pire, elle discrédita en partie les efforts de préparation réalisés dans les années précédentes. Deux ans avant le H1N1, le Parlement avait en effet adopté une loi relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur. Elle donnait au ministre de la santé, "en cas de menace sanitaire grave", le pouvoir de prescrire toute mesure proportionnée aux risques courus afin de prévenir et de limiter les conséquences sur la santé de la population (c’est sur ce fondement que les premières mesures de confinement se sont appuyées en mars 2019).

Prise de conscience au début des années 2000

Les travaux préparatoires à cette loi sont très instructifs, notamment le rapport de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale qui rappelle les trois dates qui ont jalonné une "réelle prise de conscience" : le 11 septembre 2001 (les attentats sur le sol américain, suivis du drame d'AZF, puis de l'alerte à l'anthrax) ; l'épisode de la canicule de 2003 et ses 15 000 morts ; enfin, l’année 2005 avec l'apparition du chikungunya et la menace de propagation de la grippe aviaire. La France des années 2000 se prépare à de nouveaux risques et notamment à une pandémie grippale de grande ampleur.

En décembre 2006, est ainsi créé, auprès du ministre de la santé, un "comité d'initiative et de vigilance civiques sur une pandémie grippale et les autres crises sanitaires exceptionnelles". Parallèlement, le ministère de la Santé acquiert des produits de santé et des équipements de  protection : la France stocke des antiviraux, des masques, des doses de vaccin pandémique, achète des caméras thermiques, dote les équipes d'intervention des SAMU de cagoules de protection avec soufflantes…
Une idée simple pour préparer l’après : reprenons l’histoire où nous l’avons laissée à l’automne 2009 ! 

>>  À lire : Du H1N1 au Covid-19 : comment les sociétés désaprennent - Camille Schepp pour Terra Nova - 15 avril 2020  

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