#EtAprès. Quel avenir pour le sport ? Pour Frédérique Jossinet, la pratique doit se développer dans les entreprises

franceinfo prend du recul et interroge des acteurs majeurs du sport sur ce que la crise du coronavirus leur a enseigné, et la manière dont ils voient le sport dans la société d’après. Pour la vice-championne olympique de judo en 2004, le développement du sport en entreprise permet aux salariés d'être bien dans leur peau et plus efficients.

A Colombelles près de Caen, les salariés des entreprises locales bénéficient d\'équipements et de coachs sportifs à moins de 5 minutes de leur bureau (photo d\'illustration).
A Colombelles près de Caen, les salariés des entreprises locales bénéficient d'équipements et de coachs sportifs à moins de 5 minutes de leur bureau (photo d'illustration). (CAROLE LOUIS / RADIO FRANCE)

Pendant le confinement, les gens se sont remis au sport, ont retrouvé le goût de l’effort parce qu’ils en avait le temps, explique Frédérique Jossinet, mais comment poursuivre ensuite ? Une des clés serait la place du sport au travail. "Il faut que les entreprises soient force de proposition aussi pour accompagner le bien-être de leurs salariés, propose l'ancienne judokate, aujourd'hui en charge du football féminin à la FFF. C’est un bien-être physique mais aussi psychologique."

À partir du moment où on a des salariés qui sont bien dans leur peau physiquement et psychologiquement, évidemment qu’ils sont plus efficients aussi.Frédérique Jossinetà franceinfo

Des créneaux dédiés, des espaces communs adaptés, faire venir des professionnels de l’extérieur, mettre en place des défis sportifs en interne, penser aussi aux aspects pratiques… Frédérique Jossinet prend l’exemple des locaux de la Fédération française de football où elle est responsable du foot féminin : "On a la chance d’avoir une mini salle, avec des espaces douches pour les garçons et les filles. À partir du moment où on propose des séances de sport en entreprise, évidemment qu’il faut un endroit avec des vestiaires pour que les salariés prennent leur douche et puissent se changer avant et après. C’est évidemment important, après je pense qu’il y a beaucoup d’entreprises qui pourraient le faire mais qui pour l’instant ne l’ont pas mis en place."

"Une forte demande des salariés"

Alors comment les inciter ? "J’espère qu’il y a un certain nombre de patrons qui se sont remis au sport pendant le confinement, dit-elle en souriant. Plus sérieusement, c’est aussi une forte demande des salariés et de la population à faire à leur entreprise. Je pense qu’il faut un élan de la part des salariés vis-à-vis de l’employeur. Il faut aussi que ça passe par les ressources humaines à l’intérieur de l’entreprise."

Selon un baromètre réalisé par Opinionway en 2019, une entreprise sur quatre proposait du sport à ses salariés, un objectif de trois sur quatre serait largement atteignable, selon Frédérique Jossinet.