#EtAprès : et si l’industrie pariait sur la relocalisation

La crise sanitaire renforce la volonté de relocalisation illustrée par la problématique des masques et des médicaments fabriqués en Chine. La région Grand Est vient de lancer un pacte de relocalisation. D’autres acteurs et filières empruntent la même direction.

franceinfo

La France s'est douloureusement aperçue qu’elle n’avait pas les armes pour lutter contre une telle épidémie. "Nous dépendons beaucoup trop de certains pays étrangers pour les principes actifs qui sont dans les médicaments", avait ainsi constaté Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Emmanuel Macron a appelé lui à "produire plus sur notre sol national pour réduire notre dépendance".

Pas simple de relocaliser

La Chine représente la moitié du déficit commercial de la France, qui se chiffre à 60 milliards d'euros. Elle produit 90% de la pénicilline dans le monde, ainsi que 60% du paracétamol. La Chine compte 3 000 usines de principes actifs pour fabriquer des médicaments, contre seulement 90 en France. Relocaliser, "c'est le meilleur moyen de contrôler ce que l'on fait", explique Bruno Bonnemain, de l'Académie nationale de pharmacie. "Quand vous fabriquez en Chine ou en Inde, c'est parfois très compliqué de savoir ce qu'il se passe localement au jour le jour et cela pose des problèmes de qualité", ajoute-t-il.

Le risque de la délocalisation est la hausse des prix. Pour limiter la hausse, il faut automatiser. Alors, sur les 98 entreprises qui ont rapatrié leur production en France en quatre ans, seuls 2 990 emplois ont été crées. Et la relocalisation n’est pas toujours possible dans les secteurs où des grands groupes dominent la production mondiale.

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Machine à coudre professionnelle. (JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)