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En Autriche, les jeunes en service civil chargés de tester la population au coronavirus

Ces étudiants se rendent généralement directement sur le lieu de résidence des Autrichiens qu’ils doivent tester. Cela permet au pays d'économiser des moyens hospitaliers et de limiter la propagation dans les transports.

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4 000 jeunes Autrichiens et Autrichiennes participent à la campagne de dépistage de la Croix-Rouge.
4 000 jeunes Autrichiens et Autrichiennes participent à la campagne de dépistage de la Croix-Rouge. (BARBARA GINDL / APA)

En Autriche, les jeunes en service civil participent à la lutte contre le coronavirus. La politique de tests engagée par le pays repose en grande partie sur l'engagement de ces 4 000 Autrichiens et Autrichiennes. Vienne, qui a entamé son déconfinement dès le 14 avril, se dit ainsi en mesure de réaliser 70 000 dépistages par semaine. L’Autriche est l’un des rares pays européens à avoir conservé la conscription. Ici, les jeunes hommes doivent effectuer, à partir de l’âge de 18 ans, six mois de service militaire. Mais ceux qui ne souhaitent pas le faire peuvent opter pour un service civil de neuf mois et de nombreux jeunes choisissent cette option. Parmi eux, de nombreuses Autrichiennes, puisque les volontaires peuvent aussi s'engager dans un service civil.

Leur mission : tester à domicile

Ce service civil s’effectue souvent dans une ONG, comme la Croix-Rouge. En ces temps de coronavirus, l'organisation humanitaire est l’un des organismes chargés de réaliser les tests virologiques. Elle en a déjà effectué, à elle seule, plus de 190 000 dans l’ensemble du pays grâce, notamment, à la mobilisation de volontaires en service civil. Ces 4 000 jeunes en service civil se rendent généralement directement sur le lieu de résidence des Autrichiens qu’ils doivent tester, que ce soit le foyer familial ou une maison de retraite par exemple.

Cette mission n’effraie pas Benjamin, jeune homme de 22 ans qui a débuté son service civil en avril dernier. "Nous portons une combinaison intégrale, des lunettes, un masque FFP3 et des gants, nous sommes donc très bien protégés, affirme le jeune-homme. Et puis c'est une manière utile d'utiliser le temps que je ne peux pas passer à l'université." Étudiant en médecine, Benjamin estime également que cette expérience lui sera très utile pour sa future carrière.

Je suis vraiment fier de pouvoir faire ça, alors que nous vivons actuellement une situation unique en Europe et dans le monde entier.

Benjamin, étudiant en médecine de 22 ans

à franceinfo

Le rôle de ces étudiants est loin d’être négligeable dans la stratégie de tests de l’Autriche selon David Oberleitner, responsable de la campagne de dépistage au sein de la Croix-Rouge de Vienne. "Quand les gens appellent la hotline coronavirus, on leur dit de rester chez eux et c’est nous qui venons à eux. Cette politique est claire et selon moi très judicieuse car on n’envoie pas les personnes potentiellement infectées ailleurs, elles n’ont pas à prendre les transports en commun, ce qui serait le pire des scénarios", argumente David Oberleitner.

Evidemment, cela libère des moyens dans les hôpitaux. Nous ne pouvons réussir cela que parce que nous avons des personnes en service civil.

David Oberleitner, responsable de la campagne de dépistage Croix-Rouge

à franceinfo


L’État autrichien affirme pouvoir effectuer 70 000 tests par semaine. Cette capacité n'est pas totalement exploitée aujourd’hui car la situation sanitaire est bonne (entre 600 et 700 morts). Vienne dispose ainsi d'une assurance pour l’avenir, alors que le pays est désormais largement déconfiné.

4 000 jeunes Autrichiens et Autrichiennes participent à la campagne de dépistage de la Croix-Rouge.
4 000 jeunes Autrichiens et Autrichiennes participent à la campagne de dépistage de la Croix-Rouge. (BARBARA GINDL / APA)