Déconfinement, soutien à l’emploi, relance industrielle et touristique… Que faut-il attendre de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche à 20 heures ?

Le président de la République fera une allocution télévisée solennelle, un mois après le début du déconfinement.

Article rédigé par
Jean-Jérôme Bertolus - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 18 mai 2020 à Paris. (FRANCOIS MORI / AFP)

Emmanuel Macron s'adressera aux Français depuis l’Elysée, dimanche 14 juin à 20h, a appris mercredi 10 juin franceinfo de source gouvernementale, confirmant une information du Figaro. Cette quatrième allocution depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus devrait durer une vingtaine de minutes. Le Président y travaille essentiellement avec les principaux membres de son cabinet à l’Elysée. "Nous sommes à un point de bascule entre la fin de la crise sanitaire et le mois de juillet, qui sera celui des initiatives présidentielle", souligne un dirigeant de la majorité. En attendant le nouveau cadre politique et économique qui sera tracé le mois prochain pour les deux ans à venir, le discours de dimanche marquera une nouvelle étape vers "le jours d’après".

L’allocution du chef de l'Etat s’inscrit d'abord dans la longue séquence de déconfinement dans laquelle est entrée la France depuis le 11 mai. Un proche du Président rappelle d’ailleurs les critiques et des doutes qui avaient entouré cette date lancée par Emmanuel Macron le 13 avril, lors de sa dernière allocution. Aujourd’hui, à l’inverse, les milieux économiques agitent le spectre de la crise dans laquelle s’enfonce la France pour demander d’aller plus vite. Un souci partagé par l’exécutif, préoccupé par le gonflement des chiffres du chômage. Dimanche, Emmanuel Macron pourrait donc manifester sa volonté d’un retour rapide à la normale.

Des annonces sur la relance économique 

Le président de la République va évoquer le soutien à l’emploi, aux entreprises et aux secteurs économiques du tourisme, de l’automobile et de l’aéronautique. Emmanuel Macron veut rappeler le sens de ces dizaines de milliards d’euros dépensées ces dernières semaines alors que l’endettement de la France s’envole et que le déficit budgétaire devient abyssal.

Mais face au "mur" économique, Emmanuel Macron n’est pas prêt à faire table rase du passé. Sur les retraites par exemple, il juge que le confinement n’a pas fait disparaître la question de la "soutenabilité" du régime général, comme des régimes spéciaux. La réforme à points, qui semblait enterrée, devrait donc être rapidement de nouveau sur la table avec les partenaires sociaux.

Le Président ne devrait pas toutefois évoquer ses priorités en matière sociale et ses ambitions politiques dans le domaine de l’environnement et sur la question de la décentralisation. Il réservent ses réflexions pour sa prochaine allocution. D’autant que le Ségur de la santé n’est pas achevé, qu’il attend des propositions des présidents de l’Assemblée, du Sénat et du Conseil économique social et environnemental et qu’il devrait revoir prochainement les partenaires sociaux.

Le bilan de la crise sanitaire

Dimanche, Emmanuel Macron va aussi tirer le bilan de la crise sanitaire qui a frappé le pays depuis mars dernier. Souligner les forces mais aussi les faiblesses de la France, confrontée à une épidémie sans précédant depuis des décennies. Sans esquiver les sujets qui fâchent, comme la question de la pénurie de masques ou de tests.

Emmanuel Macron pourrait aussi évoquer la mission d’information sur la crise sanitaire que l’Elysee compte lancer dans les prochains jours. Elle sera chargée d’établir rapidement un premier bilan afin de pouvoir comparer la France au reste du monde. Rendue publique la semaine dernière, cette initiative avait suscité l’incrédulité et les critiques de Gérard Larcher, le président du Sénat. L’opposition voit en effet dans cette mission administrative la volonté de l’Elysée de contre-carrer les deux commissions d’enquête du Parlement sur la gestion de la crise. A l’Assemblée nationale, les auditions vont d'ailleurs démarrer la semaine prochaine.

En 20 minutes, le Président ne veut pas balayer toute l’actualité. Reste à savoir s’il pourra éluder la question du racisme et des violences policières. Alors que la mobilisation a pris de l’ampleur, qu’un nouveau rassemblement doit avoir lieu samedi, à l’appel de la famille d’Adama Traoré, Emmanuel Macron a poussé le gouvernement à monter en première ligne. Mais il est jusqu’à présent demeuré silencieux. Sur le fond, il estime qu’il ne faut pas faire d’amalgame, que plusieurs questions doivent être distinguées, comme celle des jeunes et de la précarité, la question des discrimination et la question de la déontologie de la police.

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