Ehpad de Meurthe-et-Moselle durement frappé par le coronavirus : "C'est très virulent. Il y a certains résidents, on ne s'attendait absolument pas qu'ils partent aussi vite"

La directrice de l'Ehpad Saint-Dominique de Mars-la-Tour raconte que certains résidents sont passés très rapidement d'asymptomatiques à malades avec des symptômes "virulents". On ne "s'explique pas cette dispersion du virus". 

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Radio France
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Depuis le début de l'épidémie, 45% des Ehpad ont recensé au moins un cas de Covid-19. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Alors que 45% des Ehpad ont recensé au moins un cas de Covid-19, certains établissements payent un tribut particulièrement lourd. À Mars-la-Tour, en Meurthe-et-Moselle, l'Ehpad Saint-Dominique enregistre 22 décès en une quinzaine de jours, soit près de la moitié des résidents. Stéphanie Remiatte, directrice de deux établissements dont l'Ehpad Saint Dominique, ne "s'explique pas cette dispersion du virus". Elle a indiqué avoir reçu "du renfort des pouvoirs publics" pour faire face à la situation.

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franceinfo : Comment peut-on expliquer ce bilan très lourd ?

Stéphanie Remiatte : On ne l'explique pas. Effectivement, dans l'autre Ehpad que je dirige, on a zéro résident symptomatique. Après, on a bien du mal à expliquer. Dans l'Ehpad de Mars-la-Tour, on a beaucoup de chambres doubles, onze pour 55 places, ce qui fait quand même 22 résidents. Pourtant, les mesures de confinement en chambre ont été mises en place en même temps, on a fermé les Ehpad aux familles en même temps, à savoir le 9 mars, avant même les directives du gouvernement. Donc on ne s'explique pas cette dispersion du virus.

Avez-vous le temps de prévenir les familles ?

Bien sûr, individuellement, les familles étaient au courant. Après, effectivement, on n'a pas prévenu toutes les familles au fur et à mesure que nous avions des décès. Nous prévenions exclusivement les personnes concernées. Les familles ont un peu découvert par la presse le nombre de décès. On a constaté, quand même, que certains résidents, qui étaient totalement asymptomatiques, à partir du moment où ils vont présenter les premiers symptômes, partent extrêmement vite. C'est très virulent. Il y a certains résidents, on ne s'attendait absolument pas qu'ils partent aussi vite.

Comment cela se passe pour les soignants qui sont à leurs côtés? Pour tout le personnel ? Est-ce qu'il y a des mesures renforcées pour eux ?

Le personnel, bien sûr, continue à travailler. Je pense que, clairement, les héroïnes ce sont elles. Ce sont elles qui sont aux côtés des résidents, c'est elles qui s'en occupent. Le personnel reste mobilisé, bien courageusement, il est plus que jamais solidaire. On a obtenu du renfort des pouvoirs publics, notamment un accompagnement par un médecin hygiéniste, une infirmière hygiéniste, on a un cadre de santé qui a été mis à disposition. On va aussi avoir un psychologue qui pourra en plus accompagner les équipes, car on a quand même des équipes en souffrance.

Est-ce que s'est posée la question de la fermeture de l'établissement ?

On a encore 25 résidents dans l'Ehpad, plus quatre qui ont été transférés. On est tellement dans l'instant, on essaie de surmonter tout cela. La question de la fermeture de l'Ehpad, je ne suis pas du tout en train de me la poser. J'ai bien l'intention de rester dans mon Ehpad, auprès de mes équipes et de mes résidents.

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