Dons de jours de congés aux soignants : "Pas mal de personnes vont être à la fois touchées et choquées", réagit une cheffe de service hospitalier

Touchées parce que la solidarité réchauffe le coeur mais l'hôpital attend toujours "désespérément" la "mise à niveau des salaires" promise, pointe Agnès Hartemann, diabétologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière

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Radio France
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La professeure Agnès Hartemann (en bas à G) lors d'une conférence de presse avec le collectif Inter Hôpitaux, le 14 janvier 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Quand j'ai entendu cette annonce, j'ai été choquée", réagit mercredi 13 mai sur franceinfo Agnès Hartemann, cheffe du service de diabétologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et membre du collectif inter-hôpitaux, à l'idée de dons de congés en faveur des soignants, lancée par des députés LREM et soutenue par la ministre du Travail. "Pas mal de personnes vont être à la fois touchées et choquées", estime-t-elle, "on aimerait que tous les métiers de l'hôpital soient reconnus".

La solidarité, c'est touchant, bien sûr. Mais quelque part, on commence à en avoir un peu assez qu'on nous fasse des cadeaux.

Agnès Hartemann cheffe du service de diabétologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière

à franceinfo

"On attend toujours désespérément l'annonce de la mise à niveau des salaires", insiste Agnès Hartemann. Elle pointe le fait qu'il "va y avoir aussi beaucoup d'autres salariés que ceux de l'hôpital en difficulté sur le plan social".

Les primes, "ça reconnaît une mission, pas un métier"

Si elle reconnaît que les primes annoncées par le gouvernement vont "permettre de mettre du beurre dans les épinards pour les métiers des non-médecins", elle en dénonce le côté temporaire : "les primes, les cadeaux, c'est bien, mais c'est temporaire. Ça reconnaît une mission et ça ne reconnaît pas un métier. [...] C'est un métier fatiguant. C'est un métier où on est exposé. Il doit être reconnu pour les années à venir et pas que pour cet été".

"Les soignants sont applaudis et reconnus pendant trois mois, on aimerait que ce soit sur les années à venir", "il y a une vraie colère qui monte", indique Agnès Hartemann. Elle "appelle les gens qui veulent être solidaires des soignants à soutenir [...] les demandes de reconnaissance par le salaire".

Toujours dans l'attente qu'Emmanuel Macron tienne sa promesse

Si elle est satisfaite que les revendications des soignants soient entendues par "les autorités de l'AP-HP", Agnès Hartemann regrette que le collectif inter-hôpitaux n'ait toujours pas été reçu par Emmanuel Macron, comme il s'y était engagé au début de l'épidémie. "Pour l'instant, on souffle [...] Les patients avec le Covid occupent moins l'hôpital", mais cela entraîne "des réorganisations constantes qui sont assez fatiguantes", indique la cheffe de service de diabétologie de La Pitié-Salpêtrière.

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