REPLAY. #OnVousRépond : "Du point de vue épidémique, on aurait dû fermer les écoles une semaine plus tôt", estime William Dab, ex-directeur général de la santé

L'épidémiologiste a répondu aux questions des internautes jeudi après-midi.

Une école à Bruyeres-le-Chatel (Essonne), le 19 janvier 2021.
Une école à Bruyeres-le-Chatel (Essonne), le 19 janvier 2021. (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / AFP)
Ce qu'il faut savoir

"Quelles mesures supplémentaires faudrait-il prendre selon vous ?" a demandé un internaute à William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la santé de 2003 à 2005. "Du strict point de vue épidémique, il était justifié de fermer les écoles une semaine plus tôt", a-t-il estimé avant d'ajouter : "De plus, la lutte contre les faux pass sanitaires devrait être beaucoup plus active." Le professeur a répondu aux questions des internautes dans notre live, jeudi 16 décembre, avec le mot-clé #OnVousRépond. 

Sans le vaccin, "nous aurions eu environ 50 000 morts" de plus. "A quoi servent les vaccins puisque l'épidémie repart très fortement à la hausse ?" A cette question d'internaute, William Dab a répondu : "Si nous n'avions pas eu le vaccin, nous aurions eu environ 50 000 morts supplémentaires, les hôpitaux auraient été saturés et nous aurions été à nouveau confinés."

Les causes d'incertitude ne manquent pas sur le front de l'épidémie de Covid-19. La cinquième vague semble s'approcher de son pic, mais on ne sait pas si le nombre de contaminations va régresser ou stagner. Ni pour combien de temps, car l'arrivée du variant Omicron, encore mal connu, devrait rebattre les cartes. Le gouvernement n'exclut pas de prendre de "nouvelles décisions", a annoncé son porte-parole Gabriel Attal, alors qu'un conseil de défense sanitaire est prévu vendredi. 

Nouvelles restrictions depuis le Royaume-Uni. Face à "la diffusion extrêmement rapide du variant Omicron" dans le pays, l'entrée en France sera réservée aux personnes justifiant de certains motifs "impérieux". La validité des tests au départ du Royaume-Uni est réduite de 48 heures à 24 heures et un système d'isolement à l'arrivée en France est également instauré, selon Matignon.

Plus de 50 000 cas positifs quotidiens. "On peut considérer qu'on est dans une forme de pic", a expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran aux députés mercredi. Mais il est élevé : plus de 50 000 contaminations ont été confirmées mercredi. Le nombre de personnes hospitalisées en soins intensifs pourrait atteindre 4 000 autour de Noël, a estimé Gabriel Attal, alors qu'elles sont 2 850 aujourd'hui.

Vers une vaccination obligatoire ? Une telle décision serait "tout à fait possible", a déclaré le président de la République lors de son interview télévisée diffusée sur TF1 mercredi. Tout en estimant que "nous y sommes quasiment", puisque "plus de 90% de celles et ceux qui devaient se faire vacciner se sont fait vacciner". Ce qui laisse planer un doute sur les intentions du chef de l'Etat.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #ONVOUSREPOND

17h30 : Le tchat avec William Dab est désormais terminé. Vous pouvez retrouver toutes ses réponses dans notre direct. Merci beaucoup pour vos très nombreuses questions !

17h26 : Un vaccin qui protège à 90% est déjà remarquable. Le vaccin contre la grippe ne donne qu'une protection à 50%. Donc il reste tout de même 10% de personnes susceptibles, et avec un virus très contagieux, on ne peut malheureusement pas ramener le nombre de cas à zéro.

17h59 : Comment expliquez-vous que les vaccins ne permettent pas d’écarter toutes les infections graves ?

17h24 : Je n'ai pas la réponse. Beaucoup de scénarios sont possibles. Du point de vue de l'écologie virale, la logique serait que le virus ait des cycles saisonniers avec un potentiel de gravité limitée. Mais d'autres scénarios moins favorables sont aussi possibles, et personne ne peut faire de prévisions solides.

17h28 : Une pandémie comme celle du Covid peut-elle s’arrêter ou nous en avons pour toute la vie ? Nous sommes fatigués...

17h24 : Bonjour, les enfants nés aujourd’hui vont-ils connaître le Covid-19 toute leur vie ? Ou d’ici quelques mois ou années le virus n’existera plus ?

17h22 : Je ne peux pas vraiment vous dire. Mais dans beaucoup de pays pauvres, le taux de vaccination est très bas, et le virus a encore de beaux jours devant lui.

17h22 : M. DAB. On recense plus de 5 millions de morts depuis le début du Covid-19 (chiffres sous-évalués selon l'OMS). Le pire est-il derrière nous ou devant nous ?

17h21 : D'une part, c'est un schéma vaccinal qui est tout à fait classique et que vous avez déjà sûrement vécu enfant. D'autre part, il est trop tôt pour savoir si l'immunité de la troisième dose sera durable ou pas. On a des raisons de le penser, mais cela doit être vérifié.

17h20 : N'oubliez pas que, si le vaccin est très protecteur, il n'offre pas une protection parfaite. Donc vous courrez un risque, et je ne peux pas vous dire s'il est plus ou moins préférable qu'un conflit familial.

17h20 : La fille de mon compagnon, non vaccinée, faux pass, refuse de tester ses enfants scolarisés, et nous invite à Noël... Nous avons 3 doses mais des comorbidités importantes ... Que faire ? Nous craignons le Covid mais également le clash familial.

17h17 : Du strict point de vue épidémique, il était justifié de fermer les écoles une semaine plus tôt. De plus, la lutte contre les faux pass sanitaires devrait être beaucoup plus active.

17h17 : Quelles mesures supplémentaires faudrait-il prendre selon vous ?

17h15 : Je vous assure de toute ma solidarité. La dose de rappel a une efficacité spectaculaire. Elle diminue le risque de mortalité de 90%. Qu'en sera-t-il avec le variant Omicron ? Nous ne le savons pas. Donc il est important de respecter les mesures barrières, et l'arrivée des médicaments devrait permettre de maîtriser le risque dans les Ehpad si des clusters surviennent en leur sein.

17h16 : Bonjour monsieur. Je suis soignante hospitalière et très inquiète. C’est déjà dur aujourd’hui mais demain! Dans notre hôpital, nous n’avons plus aucune marge pour augmenter notre capacité de lits aigus. Ils sont occupés pour une grande part par des covid non vaccinés. Les stations de ski sont en train s’ouvrir. Donc amis skieurs, vaccinez-vous et ne chutez pas ! Ma question concerne les résidents d’EHPAD. Ceux qui ont eu leur troisième dose en septembre vont-ils être suffisamment protégés en janvier lors du pic du variant Omicron? Quelle stratégie sera possible en dehors des gestes barrières ? Merci

17h11 : Vous avez raison, mais il y a un élément rassurant : la baisse de la protection vaccinale après deux doses concerne les personnes âgées de plus de 65 ans ou immunodéprimées. Les études en cours nous permettront de savoir dans les prochains mois si la dose de rappel présente un réel intérêt pour les 12-18 ans. Je pense qu'actuellement, votre fils est protégé. Mais qu'il continue à appliquer rigoureusement les mesures barrières, notamment du fait du tsunami que va représenter le variant Omicron.

17h16 : Bonjour M. Dab, mon fils de 17 ans a eu ses 2 vaccins, le dernier en juillet, qu'en est-il des enfants de 12 à 18 ans, personne ne nous dit s'il leur faut une troisième dose...

17h07 : Cela dit, je comprends très bien que l'utilisation d'un nouveau vaccin pour les enfants suscite une certaine crainte chez les parents. Mais nous avons d'un côté un vaccin dont on sait que le profil d'efficacité et de sécurité est excellent, et d'un autre côté un virus dont on ignore les conséquences qu'il peut avoir à long terme pour les enfants.

Je crois donc que les familles doivent discuter entre elles et avec leur médecin. Encore une fois, je recommande la vaccination des enfants, mais il y a des inconnues sur les enjeux à long terme du vaccin comme de la maladie, et donc je ne suis pas favorable à rendre cette vaccination obligatoire.

17h40 : Comme je l'ai écrit dans une tribune écrite avec des collègues et publiée dans Le Monde, je pense que nous avons tous les arguments pour recommander la vaccination des enfants. Plus de deux millions d'enfants aux Etats-Unis ont été vaccinés sans aucun signal d'effets indésirables.

En France, au cours de la dernière semaine de novembre, 132 enfants ont été hospitalisés pour Covid. Depuis le début de l'épidémie, il y a eu 13 enfants décédés de Covid. Même si ces chiffres peuvent sembler petits, ce sont des maladies et des décès que l'on ne peut pas accepter parce qu'ils sont évitables. On vaccine les enfants contre la rougeole, la rubéole, la polio... alors même que ces maladies ne tuent plus en France. Il n'y a aucune raison de refuser aux enfants la protection dont nous jouissons comme adultes.

17h06 : bonjour, que pensez-vous de vacciner les enfants de moins de 12 ans ?

16h59 : Sur le plan scientifique, je n'ai pas de données pour répondre à votre question de façon formelle. Le bon sens médical me conduit à penser que cette situation est sans inconvénients.

16h59 : Bonjour FI. Quel(s) risque(s) y a-t-il à se faire vacciner alors qu'on a le Covid mais qu'on l'ignore ?

17h02 : La corrélation entre le taux d'anticorps dans le sang et la protection contre l'infection n'est pas parfaite, loin de là. D'ailleurs, dans aucun pays on ne recommande de faire une sérologie avant la vaccination. La protection repose sur deux mécanismes, les anticorps et ce que l'on appelle l'immunité cellulaire. L'intérêt de la dose de rappel est de stimuler cette immunité cellulaire, plus que de produire des anticorps supplémentaires.

17h16 : Bonjour, pourquoi imposer une "3e dose" si lors d'un test de sérologie notre immunité est déjà très forte ?

16h55 : Je pense que c'est neutre. Au total, ces trois vaccins permettent d'obtenir le même résultat, produire des anticorps contre la protéine Spike du coronavirus.

17h16 : Bonjour à l'équipe, merci de nous donner l'opportunité de poser des questions à M. William Dab. Voici la mienne : j'ai reçu ma 3e dose, ce qui fait qu'avec elle, j'aurai eu Astra, puis Moderna puis Pfizer. Ce mélange ne va-t-il pas gêner ma résistance à Delta et Omicron ? Ce mélange est-il une bonne ou mauvaise chose ou encore un truc totalement neutre ?

16h53 : Il n'y a pas de données publiées permettant de répondre à votre question.

16h53 : Est-on plus protégé si on a été déjà infecté et qu'on est vacciné ? Par rapport à ceux simplement vaccinés.

16h53 : Actuellement, on peut considérer que le fait d'avoir eu le Covid-19 après deux doses constitue en quelque sorte une dose de rappel. Donc, dans l'immédiat, vous n'avez rien à faire de plus pour vous protéger, sinon de continuer à appliquer les mesures barrières, en raison de l'émergence notamment du variant Omicron. Vous êtes beaucoup de personnes dans cette situation et d'ici quelques mois, on sera en mesure de vous dire si une troisième dose vaccinale a un intérêt chez vous.

16h52 : Bonjour, j’ai attrapé la Covid après mes 2 vaccins. J’ai annulé mon rappel car j’étais malade. Dois-je le faire quand même ? A quelle échéance ? Et quelle sera l’incidence sur mon pass sanitaire ? Merci

17h17 : Bonjour, vaccinée avec 2 doses, je viens d’attraper le Covid sûrement par un de mes enfants. Dans combien de temps pourrai-je faire ma 3e dose du coup ? Même question pour mon fils qui devait faire sa 1re dose début janvier mais qui a été testé positif : dans combien de temps pourra-t-il recevoir sa 1re dose?Merci pour votre réponse.

17h03 : Il n'y a pas actuellement de recommandation, en France comme dans les autres pays, pour faire cette quatrième dose. Cependant, les nouveaux traitements qui arrivent peuvent vous protéger si vous les prenez précocement après le début des symptômes. Plus qu'une quatrième dose sur laquelle il est trop tôt pour prendre position, soyez attentif à votre état de santé, et au moindre doute, consultez pour recevoir les traitements qui viennent d'obtenir leur autorisation de mise sur le marché.

17h17 : Bonjour, immunodéprimé, j’ai reçu ma 3e dose en juillet dernier, dois-je recevoir une 4e dose ?

16h46 : Nous savons déjà que les double vaccinés sont moins bien protégés vis-à-vis du variant Omicron, avec une efficacité autour de 70%. Il est trop tôt pour avoir des données sur les triple vaccinés. Il est raisonnable de penser que la troisième dose offre une protection supplémentaire, mais celle-ci n'est pas encore quantifiée. Qu'il s'agisse du variant Delta ou du variant Omicron, la troisième dose est hautement recommandable, d'autant plus qu'elle n'induit aucun risque supplémentaire d'effets indésirables.

16h46 : Pouvez-vous nous rappeler pourquoi la dose de rappel est importante alors même qu’il semblerait que le nouveau variant y résiste ?

16h43 : Si nous n'avions pas eu le vaccin, nous aurions eu environ 50 000 morts supplémentaires, les hôpitaux auraient été saturés et nous aurions été à nouveau confinés.

16h43 : A quoi servent les vaccins puisque l'épidémie repart très fortement à la hausse ?

17h04 : Vous avez raison, les mesures de prévention à l'école sont très imparfaitement appliquées sur le terrain. La dernière étude de l'Institut Pasteur montre que le fait d'avoir un enfant en primaire augmente de 50% le risque d'attraper le Covid-19. Il est donc évident que les enfants jouent un rôle actif dans la contamination de l'ensemble de la population.

16h41 : Bonjour 1 question pour William Dab : a-t-on une idée de l'impact de la gestion de l'épidémie à l'école sur la propagation du virus ? Il est évident que des personnels et des élèves se contaminent à l'école puisque les mesures générales n'y sont pas appliquées. Dépistage massif, isolement le temps de l'incubation... Merci

16h38 : Bonjour William Dab. Environ 200 cas d'Omicron détectés en France. Mais avons-nous une stratégie de séquençage suffisante pour recenser tous les cas d'Omicron ou presque ? Merci.

16h37 : Je ne peux pas vous répondre sans savoir si vous avez une vaccination complète ou pas. Si vous êtes complètement vaccinée, avec une dose de rappel, et que vous respectez les mesures barrières, dans une pièce bien ventilée, je dirais que c'est faisable. Si vous avez été vaccinée pendant votre grossesse, votre bébé sera protégé aussi.

16h37 : Bonjour, mon beau-père a été testé positif hier et j’ai un bébé de 1 mois. Est-il dangereux de faire Noël ensemble ? Merci.

16h35 : Cher confrère, vous avez entièrement raison : s'il n'y avait eu que le variant Delta, nous serions en train de franchir le pic de cette 5e vague. L'arrivée tonitruante du variant Omicron ne permet plus d'escompter une évolution aussi favorable.


Au sujet de votre deuxième question, tout ce que je peux vous dire est qu'il est évident que c'est un des critères de décision de nos gouvernants, c'est inévitable.

16h34 : Bonjour j’aimerais poser deux questions à Mr William DAB. Je suis médecin généraliste et pour moi il va y avoir 2 problèmes. Le premier avec Omicron, qui va créer une vague sur une crête de vague déjà élevé : mon raisonnement est-il faux ? Le deuxième, j’ai peur d’une gestion politique de cette vague avant Noël et surtout avant les élections où il faut mécontenter le moins possible les électeurs : mon angoisse est-elle justifiée ?

16h32 : La situation est très fragile. Le variant Omicron est nettement plus contagieux que le variant Delta, ce qui fait que même s'il est moins virulent, il va produire plus de cas graves, parce que le nombre de gens contaminés va être plus important. Il y a actuellement 2 900 personnes en soins intensifs, le personnel est fatigué, il y a des lits qu'on ne peut pas ouvrir faute de soignants... Donc oui, il faut utiliser toutes les armes à notre disposition pour que la fin de l'année ne soit pas catastrophique.

16h32 : Bonjour. Pourquoi de nouvelles mesures seraient-elles nécessaires dans le cadre de la lutte contre la Covid-19? Certes, Omicron est/serait plus contagieux, mais plus bénin, non ? Les hôpitaux tremblent, mais tiennent le coup, non ? Ça passera sans que ça casse, non ?

16h28 : Bonjour à toutes et à tous ! Je suis William Dab, médecin épidémiologiste, ancien directeur général de la Santé, et je vais essayer de répondre à vos questions.

16h26 : William Dab, ancien directeur général de la santé, est avec nous pendant une heure pour répondre à vos questions. Ce tchat avec lui démarre dès à présent !

13h44 : Nous avons le plaisir de recevoir à partir de 16h30 en tchat à la rédaction l'épidémiologiste William Dab, ancien directeur général de la santé. Posez-lui dès maintenant vos questions dans ce live !