Dictées au téléphone, liens avec les parents... Les enseignantes, ces autres héroïnes du Covid-19

À l'occasion de la journée internationale de défense des droits des femmes, franceinfo dresse le portrait d'héroïnes d'un quotidien bouleversé par l'épidémie de Covid-19.

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Radio France
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Caroline, principale d'un collège de l'Essonne, dans son bureau. (ALEXIS MOREL / RADIO FRANCE)

Depuis le début de la pandémie de coronavirus Covid-19 il y a un an, elles ont souvent dû faire bien plus que leur métier, voire le réinventer. Émilie et Caroline, enseignante dans les Bouches-du-Rhône, cheffe d'établissement en Essonne, n'ont jamais hésité.

D'abord, pendant le premier confinement, à Marseille, lors duquel Émilie a dû gérer pour certains de ses élèves la fracture numérique, bien sûr, mais pas uniquement. "J'ai fait des exercices au téléphone, explique-t-elle, et des dictées aussi au téléphone. On s'est aussi occupé de livrer des paniers alimentaires à des familles qui n'avaient plus accès à l'aide alimentaire."

"Un enfant qui ne mange pas, je ne peux pas lui parler de scolarité si déjà, toute la journée, il a faim donc on s'est mobilisé pour livrer des paniers, c'était essentiel pour nous."

Émilie

à franceinfo

À 700 kilomètres de là, dans son collège de l'Essonne, Caroline, elle, s'est souvent comparée ces derniers mois au capitaine d'un bateau dans la tempête. "Je me suis dit, se souvient-elle, qu'il fallait que je sois là pour rassurer, et notamment du côté des parents, gérer l'angoisse." "On devient vraiment représentant de l'État à leurs yeux, poursuit Caroline. C'est-à-dire quand ils ont des questions médicales ou autres, nous devenons un relais. On a donné des tablettes, mais il a fallu expliquer à tout le monde comment faire fonctionner une tablette."

"On prenait les enfants à notre bureau pour expliquer, ou leur dire de donner le portable de leur maman pour lui mettre l'application sur le téléphone... C'est la mission première de l'école, et la plus belle : être un repère, comme un maire dans sa commune."

Caroline

à franceinfo

Alors pour cette cheffe d'établissement, les journées sont souvent interminables quand il faut appliquer les protocoles successifs, fermer des classes, tracer les cas positifs et les cas contacts. "Il y a eu des moments, témoigne-t-elle, où l'on avait envie d'arrêter, épuisés. Et puis, alors, mon moteur principal c'était vraiment mes élèves : j'allais faire un tour en récréation pour me nourrir de leur énergie. Parce que c'est vraiment pour eux qu'on fait tout ça.".

L'intérêt des élèves est aussi la seule chose qui compte pour Émilie : "Limiter le plus possible l'échec scolaire, c'est le poids que j'avais sur les épaules. J'ai voulu vraiment faire le maximum pour eux. J'ai dépensé beaucoup d'énergie pour ça et je ne le regrette pas." Aucun regret non plus pour Caroline : malgré le Covid-19, son collège n'a jamais dû fermer une seule journée depuis septembre. Et c'est bien là l'essentiel, selon elle.

Les enseignantes, ces autres héroïnes du Covid-19 - le reportage d'Alexis Morel
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