Deux associations déposent plainte contre le journal Le Progrès après la publication d'un article jugé homophobe

Les associations à l'origine de la plainte estiment que la citation des propos d'un médecin spécialisé dans la lutte contre le VIH est stigmatisante pour la communauté homosexuelle, en insinuant que les gays braveraient le confinement pour faire des rencontres. 

Capture d\'écran de l\'article du progrès mis en cause par deux associations.
Capture d'écran de l'article du progrès mis en cause par deux associations. (LE PROGRES / CAPTURE D'ECRAN)

Deux associations, Stop Homophobie et Mousse, déposent plainte contre le quotidien régional Le Progrès, après la publication d'un article considéré comme homophobe, a appris franceinfo ce mercredi 22 avril.

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Cet article, paru dans l'édition de samedi 18 avril, explique qu'il y a "du relâchement dans le confinement" au sein de la "communauté gay". Un médecin, le président du Corevih Lyon Vallée du Rhône (Comité de coordination régionale de lutte contre le VIH), est cité : il assure que les rencontres sexuelles continuent chez les gays malgré le confinement. "Il est illusoire de penser que le message 'restez chez vous' est respecté dans des milieux où la sexualité est hyperactive", estime le docteur Jean-Michel Livrozet. "Si l'activité ne faiblit pas sur les sites et applis de rencontres, ces dernières se concrétisent souvent par des rapports sexuels malgré le confinement", ajoute-t-il.

Des internautes indignés

L'article a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, dénonçant une stigmatisation des gays, et deux associations de lutte contre l'homophobie, Stop Homophobie et Mousse, déposent plainte avec constitution de partie civile contre Le Progrès pour "diffamation publique envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle".

L’imputation de commettre des infractions pénales pour assouvir des désirs sexuels portent gravement atteinte à l’honneur et à la considération des hommes homosexuels.extrait de la plainte déposée contre "Le Progrès"

"Cette imputation est d’autant plus vexatoire qu’elle renvoie les gays à l’image de drogués et de pervers sexuels à laquelle ils étaient assimilés à une époque passée en France et encore aujourd’hui dans d’autres pays où les rapports sexuels entre hommes constituent un délit pénal", peut-on lire dans la plainte que franceinfo a consultée. 

Des excuses jugées insuffisantes

Lundi, le rédacteur en chef du quotidien, Xavier Antoyé, s'était défendu sur son compte Twitter de toute "volonté de stigmatiser" : "Notre objectif était de relayer le message de prévention d'un médecin spécialiste du VIH, inquiet et engagé auprès de ces patients", a-t-il tweeté. "Sans aucune volonté de stigmatiser. Nous sommes désolés si certains l'ont pensé."

Joint par franceinfo, le secrétaire général de Stop Homophobie Terrence Katchadourian dit "regretter l'absence de réelles excuses ou a minima de compréhension de son aspect discriminatoire, au lieu de prétendre qu'il s'agissait de relayer un message de prévention".

Le Corevih Lyon Vallée du Rhône a lui aussi réagi sur Twitter, regrettant la façon dont l'article a été rédigé, alors qu'il souhaitait communiquer auprès des journalistes sur l'envoi d'autotests VIH à domicile : "Nous comprenons que cet article ait pu blesser par son titre racoleur, son manque de nuances et l’insuffisance de mise en perspective avec l’objet de notre communiqué de presse, à savoir la campagne d’envoi d’autotests à domicile."