"Derrière chaque résultat de test, il y a des techniciens" : le personnel des laboratoires en grève pour ne pas être "oublié"

Les techniciens de laboratoire réclament notamment des hausses de salaires, en reconnaissance de leur investissement dans la lutte contre le Covid-19.

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Une technicienne de laboratoire réalise une analyse de tests salivaires à Roubaix (Nord), le 7 mai 2021. (MAXPPP)

Les techniciens de laboratoire sont en grève, mardi 18 mai, après un appel soutenu par la CGT-Santé pour le secteur public, et la CGT-Chimie pour le secteur privé, et au lendemain de la mobilisation des infirmiers-anesthésistes. Ils réclament notamment une meilleure reconnaissance de leur profession et une hausse des salaires, après plus d'un an de lutte contre l'épidémie de Covid-19.

"Notre profession doit être reconsidérée à sa juste valeur", revendique la CGT-Santé. Elle souhaite une revalorisation à "1,8 smic en début de carrière et 3,6 smic en fin de carrière". "A l'hôpital, le diagnostic repose aujourd'hui pour près de 70% sur la biologie médicale", explique-t-elle, pour souligner l'importance des techniciens dans le parcours de soin des malades.

Burn-outs et arrêts maladie plus nombreux

"Nos objectifs sont similaires", affirme la fédération Chimie dans un autre tract publié sur les réseaux sociaux, appelant "tous les salariés des labos privés à arrêter le travail ce 18 mai". Etienne Leclercq, représentant syndical CGT au sein du groupe Synlab, dans les Hauts-de-France, dénonce une "fatigue accumulée depuis des années" par les salariés : "On souhaite être enfin visibles, mettre en avant les incohérences que l'on vit depuis le début de la crise sanitaire."

"Derrière chaque prélèvement, il y a un patient et derrière chaque résultat de test, il y a des techniciens, des coursiers, des secrétaires", rappelle Thierry Michelland, délégué syndical CGT chez Labosud, à Montpellier (Hérault). "La pandémie a mis en lumière notre rôle indispensable, on fait partie intégrante de la chaîne de soins. Nos horaires se sont affolés avec la crise sanitaire, on doit être très flexibles." Les deux syndicalistes relèvent l'augmentation des burn-outs et des arrêts maladie, voire des "accidents du travail", note Etienne Leclercq.

Une activité augmentée de 50%, selon la CGT

Le syndicaliste des Hauts-de-France souligne l'accroissement d'activité massif qu'a engendré la pandémie : "On estime qu'elle a augmenté de 50% sur l'année, aucune branche ne pourra se vanter d'avoir de tels chiffres en 2020." Comme son collègue, Thierry Michelland déplore la maigre augmentation salariale proposée en retour. A peine 1,5%, "soit 15 à 30 euros par mois". Dans le privé, autant pour les salariés en CDI qu'en CDD, le manque de reconnaissance se fait sentir.

"Il y a eu des embauches de jeunes précaires en CDD, mais on leur a mis beaucoup de pression."

Etienne Leclercq, syndicaliste CGT

à franceinfo

"On a un renouvellement de personnel énorme, parce que les gens saturent et ne souhaitent pas renouveler leurs contrats. On a sous-payé et exploité ces employés", dénonce Etienne Leclercq. Alors que plusieurs professions de santé ont bénéficié de revalorisations salariales à l'occasion du Ségur de la Santé, les techniciens de laboratoire n'en ont pas profité.

"Pourquoi fait-on partie des oubliés du Ségur ?"

Thierry Michelland, syndicaliste CGT

à franceinfo

Ils demandent également le déplafonnement de la prime d'ancienneté, actuellement fixé à 15 ans. "Actuellement, vous êtes revalorisés tous les trois ans, mais arrivé à la 15e année, c'est fini. Il n'y a pas d'avancement possible", regrette Thierry Michelland.

Plusieurs manifestations auront lieu aux abords des laboratoires privés ou devant les Agences régionales de santé, comme en Nouvelle-Aquitaine, à l'initiative de la CGT du CHU de Bordeaux. A Montpellier, plusieurs salariés se retrouveront aux abords du siège social de Labosud, à la mi-journée. Etienne Leclercq se veut toutefois rassurant sur les conséquences pour les patients : "Les analyses d'urgence vitale sont bien évidemment toujours traitées. Et en cas de besoin, nous pouvons être réquisitionnés par le préfet."

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