Dépistage du coronavirus par les médecins du travail : "On ne sait pas comment on va s'organiser", affirme leur syndicat

Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la santé au travail, affirme être "en attente de décrets et d'arrêtés qui vont préciser les modalités" de cette nouvelle ordonnance prise dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. 

Un formulaire d\'arrêt de travail. Photo d\'illustration.
Un formulaire d'arrêt de travail. Photo d'illustration. (VIANNEY SMIAROWSKI / RADIOFRANCE)

Les médecins du travail vont pouvoir prescrire des tests de dépistage du coronavirus dans le cadre de l'entreprise, prévoit une ordonnance adoptée mercredi 1er avril en Conseil des ministres. "Nous sommes dans le vague, on ne sait pas comment cela va s'organiser", a expliqué jeudi 2 avril sur franceinfo Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST).

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franceinfo. Que pensez-vous de cette ordonnance ?

Jean-Michel Sterdyniak. Nous n'avons pas été consultés. Nous n'avons pas de calendrier. Nous sommes en attente de décrets et d'arrêtés qui vont préciser les modalités. Pour l'instant nous sommes dans le vague, on ne sait pas comment cela va s'organiser. Nous avons tout de suite vu que la protection des personnels des services de santé au travail n'était pas prévue.

Si nous sommes amenés à tester massivement des salariés et à procéder à des tests je ne pense pas que ce soit très sérieux de rouvrir les centres de santé au travail, aujourd'hui fermés, et de mettre en danger la santé des personnels. Nous-mêmes, médecins du travail, nous sommes victimes de la pénurie de masques et du manque de moyen matériel humain. Donc nous prenons acte de cette situation, nous sommes prêts à jouer un rôle dans cette pandémie.

Avez-vous les moyens ?

On a bien compris qu'on étaient réquisitionnés par le gouvernement pour servir d'appui aux autorités exécutives dans le cadre du déconfinement. Tout dépend de ce qu'on nous demande. Nous sommes là pour protéger la santé des travailleurs. Nous ne sommes pas là pour augmenter la productivité des entreprises, ni pour servir de caution à des conditions de travail dégradées qui mettraient en cause la santé des travailleurs. Il faut que ce soit clair.

Si la prescription d'examens permet d'augmenter notre pouvoir d'agir pour protéger la santé des salariés tant mieux. S'il s'agit de revenir à 1949 où la médecine du travail servait à sortir du milieu du travail les personnes atteintes de tuberculose nous ne sommes pas très favorables.

La prescription des arrêts de travail est-elle une bonne idée ?

Si ça augmente notre pouvoir d'agir pour protéger les salariés de conditions de travail qui n'assurent pas leur sécurité ce serait une bonne chose. Ce que je constate c'est que la prescription d'arrêts de travail n'est prévu que pour les personnes qui sont infectées ou suspectes de l'être. Donc ça rentre dans le cadre d'une politique d'exclusion.