Tests de dépistage du coronavirus : "Le problème, c’est qu'aujourd’hui, il y a des files d'attente partout dans certaines régions", alerte le Syndicat des biologistes

François Blanchecotte, président du SDB, appelle à une meilleure concertation entre les ARS et les laboratoires privés. Il y a, selon lui, un déficit de préleveurs.

Test de dépistage effectué gratuitement et sans ordonnance dans un Drive Pieton à Caen (Calvados).
Test de dépistage effectué gratuitement et sans ordonnance dans un Drive Pieton à Caen (Calvados). (OLIVIER DUC / FRANCE-BLEU BASSE-NORMANDIE)

Alors que la France n'a toujours pas atteint l'objectif des 700 000 tests par jour, le président du Syndicat des biologistes s'inquiète, jeudi 9 juillet sur franceinfo, de l'existence de "files d'attente partout dans certaines régions". En région parisienne, explique François Blanchecotte, où les dispositifs sont "un peu allégés avec les vacances", les laboratoires sont confrontés à des délais de "trois jours, quatre jours, cinq jours et même plus". Dans ce contexte, il plaide pour "prioriser" les tests des patients avec symptômes et une meilleure communication entre les laboratoires et les Agence régionales de santé (ARS) en cas de campagne massive de tests dans un secteur.

franceinfo : Vous annonciez il y a un mois 262 000 tests par semaine. Combien sont réalisés par semaine aujourd’hui ?

François Blanchecotte : On a doublé les tests dans certaines régions. Ce qu’il faut savoir c’est que ce n’est pas égal sur toute la France. Ce qu'on regrette, c'est que les ARS ont décidé dans certaines régions de tester des endroits particuliers. Ici, les abattoirs, demain les personnels médico-sociaux, ou encore certaines villes entières. On aimerait avoir été associés à ces décisions parce que le problème, c’est qu’aujourd'hui, il y a des files d'attente partout dans certaines régions.

Pour la région parisienne, aujourd'hui, on arrive à avoir un rendez-vous au bout de quelques jours, trois jours, quatre jours, cinq jours et même plus.François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistesà franceinfo

Comment expliquez-vous ces files d'attente ?

Ce n’est pas un problème de tests, c'est un problème de temps de prélèvement et de préleveurs. On sort d'une épidémie pendant laquelle nos personnels se sont vraiment investis, ils sont fatigués. Certains demandent leurs vacances, ce qui est bien normal. Et donc, on a allégé un peu les dispositifs et on se retrouve à dépister des milliers de personnes en très peu de temps. Donc, le temps de prélèvement est essentiel.

Comment faire pour tester rapidement et efficacement ?

Il faudrait une organisation efficiente, qu’on se répartisse la charge de travail. Pour qu’on puisse y arriver, il faut qu’on se retrouve tous autour de la table pour ne pas apprendre simplement par mail que l’on a décidé dans telle ou telle région, telle ou telle commune, d'avoir à dépister 10 000 personnes d'un seul coup.

C'est très important aussi de prioriser les patients qui ont des symptômes. Il y a des gens qui viennent juste parce qu'ils doivent partir en vacances et avoir un certificat comme quoi ils n'ont pas la PCR (test nasal) positive, etc.François Blanchecotteà franceinfo

Dans certaines régions où des décisions sont prises, il faut vraiment qu'elles soient prises en concertation et qu’on travaille ensemble avec les professionnels de santé sur le terrain. Ce n'est pas de décréter juste un dépistage, c'est aussi que toutes les forces en présence puissent le réaliser. Pendant deux mois, l'ensemble des biologistes ont relevé le défi. Mais aujourd'hui, on a un problème de préleveur, de temps de prélèvement. Il faut vraiment qu'on soit à travailler avec les ARS, le système public, le système privé, pour qu'on arrive à dépister les gens dans des délais raisonnables.