"On n’a pas envie de revivre ce sentiment d’impuissance" : à Mulhouse, les soignants s'inquiètent d'une "deuxième vague" de l'épidémie de coronavirus

Certains soignants français s’inquiètent d'une résurgence de l'épidémie de Covid-19, et notamment ceux qui ont été les plus touchés par la crise sanitaire.

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Radio France
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Des membres du personnel médicale travaillent à l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 29 avril 2020 (photo d'illustration).  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

À l’hôpital Emile Muller de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, où les cas se sont comptés par centaines en mars et en avril, 32 patients Covid sont pris en charge en ce début du mois d'août. Deux patients sont toujours en réanimation dans le service où travaille le docteur Joy Moutien. "On a une unité de dix lits, décrit-il, et de l’autre côté on a une unité de dix lits aussi". Au plus fort de la crise, l’hôpital a accueilli simultanément plus de 80 patients en réanimation. De quoi épuiser les équipes qui craignent cette fameuse "deuxième vague". "Bien sur qu’on l’appréhende, explique Alicia, infirmière. On n’a pas envie de revivre ce sentiment d’impuissance face à tout ça." 

La fatigue se ressent quand même après le 'boom' de la première vague.

Alicia, infirmière

à franceinfo

Alors quand les soignants constatent que les gestes barrières sont pas respectés, cela peut les faire bondir. "Pour nous, c’est compliqué, explique Isabelle Damofin, cadre de santé. Quand on va dehors et que l’on voit que vous êtes la seule à avoir le masque au milieu d’un magasin, c’est vrai que c’est frustrant."

À tel point que le docteur Joy Moutien a déjà fait des remarques à des inconnus dans la rue : "Avec ce que nous avons vécu, on peut être une sorte de porte-parole en disant aux gens : 'faites attention !' Certes la vie reprend le dessus mais le bonheur est fragile. Il faut savoir le protéger et il dépend de notre comportement." Un comportement qui doit être collectif, poursuit le médecin, car si après la perte et les souffrances la résilience existe, elle ne doit pas être trop rapide. 

A Mulhouse, les soignants s'inquiètent d'une "deuxième vague" - Le reportage de Faustine Calmel - 0
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