"Les gens se sont un peu trop relâchés rapidement" : contaminée par le coronavirus, une enseignante dénonce le non-respect des règles sanitaires

Maria, 27 ans, est tombée malade alors qu'elle n'a pas travaillé depuis le 22 juin, n'a participé à aucun rassemblement, ni à aucune manifestation. "C'est possible que ce soit dans un magasin puisque plus personne ne portait de masque", témoigne cette Francilienne.

Des personnes assises le long du canal Saint-Martin à Paris, le 24 mai 2020 (photo d\'illustration).
Des personnes assises le long du canal Saint-Martin à Paris, le 24 mai 2020 (photo d'illustration). (THOMAS COEX / AFP)

Alors que l'on croyait la crise derrière nous, le ministre de la Santé a alerté, jeudi 16 juillet, sur une possible reprise épidémique. Se basant sur le nombre d'appels à SOS médecins, au Samu ou encore au nombre d'admissions dans les hopitaux parisiens, tous en augmentation, Olivier Véran apelle à la vigilance. Le coronavirus circule toujours et de nouvelles personnes continuent de tomber malades.

Elle n'avait participé à aucun rassemblement et aucune manifestation

Maria est l'un de ces "nouveaux" malades. L'enseignante de 27 ans a été contaminée il y a quinze jours. Sur le visage de cette Francilienne, la fatigue du coronavirus a laissé place à la colère : "Il y a de la colère surtout par rapport au fait que j'ai été contaminée comme ça. Que ça puisse m'arriver, sachant à quel point j'étais consciencieuse par rapport à ça..." Maria Vassliva n'a pas travaillé depuis le 22 juin, n'a participé à aucun rassemblement, ni à aucune manifestation. Pour elle, la seule responsable de sa contamination est l'incivilité grandissante : "C'est possible que ce soit dans un magasin puisque plus personne ne portait de masque. Les gens se sont un peu trop relâchés rapidement."

Je constate que ce sont surtout les jeunes qui ne font pas attention et qui pensent que l'épidémie est finie. Ils revoient leurs amis et font la fête comme avant. Moi, je le vois. Des amis continuent à se voir régulièrement, à se faire la bise.Maria, enseignante testée positive au Covid-19à franceinfo

Le plus incompréhensible pour Maria, c'est qu'elle a dû se battre pour se faire dépister. "Ça a commencé par un léger mal de gorge, une grosse fatigue. Les jours d'après, j'ai revu mon médecin, raconte l'enseignante. Je lui ai dit : 'Écoutez, je me sens très fatiguée'. Il m'a répondu : 'C'est une fatigue psychologique'. Mais j'ai quand même insisté pour me faire tester, j'ai un peu quand même forcé les choses. Et puis le test s'est avéré positif. Heureusement, je n'ai vu personne et c'est vraiment à cela que je me dis que j'ai eu de la chance."

J'aurais très bien pu, avec mes symptômes quasi asymptomatiques, propager encore plus.Maria, enseignante testée positive au Covid-19à franceinfo

Mariage et vacances annulées

La jeune femme a tout de même annulé son mariage prévu le 18 juillet. "Malheureusement, ça reste une maladie qui vous fout complètement un coup, comme une forme de mononucléose chez les jeunes", explique-t-elle. Consciencieuse jusqu'au bout, Maria protège désormais ses deux chats. Spirit, le plus grand et la petite, Willow : "J'essaie de ne pas les toucher, d'avoir un masque si je dois leur mettre de la nourriture ou être à côté d'eux parce qu'on ne sait pas trop comment les transmissions peuvent se faire." Après son mariage, Maria a décidé de sacrifier ses vacances. Si son nouveau test PCR revient négatif, elle s'autorisera, peut être, quelques jours à la campagne. 

Le reportage de Valentine Letesse
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