Jauge de 30 personnes dans les lieux de culte : "On infantilise et on méprise les croyants", dénonce l'évêque de Bayonne

Monseigneur Marc Aillet ne voit pas sur quels critères les paroissent pourront sélectionner les fidèles autorisés à participer aux messes.

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Radio France
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Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne-Lescar-Oloron, Pau (Pyrénées-Atlantiques), 23 mars 2017. (AXELLE LABBÉ / FRANCE-BLEU BÉARN)

Les offices dans les lieux de culte seront à nouveau permis à partir de samedi 28 novembre, sous réserve du respect d'une jauge "d'abord (de) 30 personnes" maximum a confirmé Jean Castex lors d'une conférence de presse ce jeudi.  Cette jauge pourra évoluer lors de la deuxième phase du déconfinement, le 15 décembre."On infantilise et on méprise les croyants", s'indigne Monseigneur Marc Aillet, évêque du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron (Pyrénées-Atlantiques), ce jeudi sur franceinfo.

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"On ne comprend absolument pas cette obstination du Premier ministre à nous imposer une règle qui est absolument inapplicable", a ajouté l'évêque qui dénonce "une dictature sanitaire qui devient une dictature tout court".

franceinfo : Êtes-vous déçu par les annonces de Jean Castex ?

Monseigneur Marc Aillet : Je suis déçu et je suis sidéré. Cela met en cause la parole présidentielle parce que le président de la République, après son allocution [mardi 24 novembre] et après une intervention de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a assuré qu'il donnerait des directives à son gouvernement pour qu'une jauge réaliste, même si elle était stricte, soit révisée. Donc, on ne comprend absolument pas cette obstination du Premier ministre à nous imposer une règle qui est absolument inapplicable.

30 personnes dans une cathédrale ? Vous imaginez le nombre de croyants qui ont déjà été interdits de messe pendant ce temps de nouveau confinement et déjà du premier confinement.

Monseigneur Marc Aillet

à franceinfo

C'est une confiscation, à mon avis, intolérable de libertés fondamentales. Je trouve intolérable que l'on puisse ainsi mépriser des millions de croyants, comme si la vie religieuse, la vie cultuelle, n'avait pas d'intérêt dans notre nation.

Vous n'avez pas la patience d'attendre le 15 décembre, date à laquelle le Premier ministre évoque des "évolutions" ?

Mais ce n'est pas une question de patience ! C'est une question de fiabilité de la parole, quand vous avez le président de la République qui vous dit : "On va donner des directives pour qu'on ait une jauge plus réaliste que ces 30 [personnes]", c'est inimaginable que les chrétiens ne puissent pas pratiquer leur culte de manière libre, alors que c'est inscrit dans la Constitution. On infantilise et on méprise les croyants.

Vous allez donc continuer à demander au gouvernement de revoir sa position ?

Nous allons continuer à protester. La Conférence des évêques de France vient de commettre un communiqué dans lequel elle dit que cette mesure est irréaliste et inapplicable, et qu'elle continuera de demander au gouvernement de réviser sa position. On a l'impression qu'ils ne savent pas ce qu'est un office religieux.

Les catholiques sont peut-être moins nombreux qu'autrefois à pratiquer. Mais nos églises, dans certains endroits, sont pleines.

Monseigneur Marc Aillet

à franceinfo

Quels sont les critères de sélection que nous allons devoir utiliser pour permettre à trente heureux élus de participer à la messe sur l'autorisation du gouvernement ? C'est ubuesque ! Nous sommes dans une dictature sanitaire qui devient une dictature tout court.

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