Fin du port du masque à l'extérieur : "Il va falloir garder une conscience des risques", alerte un psychiatre

Michel Lejoyeux a souligné que pour les personnes les plus angoissées, la fin du masque à l'extérieur peut être "compliqué car c'est à la fois un message d'optimisme et un message de risque". 

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Radio France
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Deux personnes se baladent sur la promenade des Anglais à Nice, le 30 mai 2020.   (VALERY HACHE / AFP)

Le professeur Michel Lejoyeux, chef de service des services de psychiatrie et d’addictologie des hôpitaux Bichat et Maison Blanche à Paris, auteur du livre Les 4 Temps de la renaissance aux éditions Jean-Claude Lattès, s’est réjoui jeudi 17 juin sur franceinfo de la fin du port du masque à l’extérieur : "On va pouvoir voir le visage de l'autre sans qu'il soit associé à ce message inquiétant.". Cependant dans l’euphorie collective, "il va falloir garder une conscience des risques" de contamination par le Covid-19, a-t-il insisté.

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franceinfo : La fin du masque à l’extérieur est une bonne nouvelle ?

Michel Lejoyeux : À chaque fois qu'on croisait quelqu'un avec un masque, on recevait un message qui était un message d'inquiétude, une sensation de menace. On nous rappelait que la maladie était là, qu'il y avait une possibilité de la transmettre. Alors, évidemment, on a toujours le risque sanitaire, mais au moins, on va pouvoir voir le visage de l'autre sans qu'il soit associé à ce message inquiétant.

On est devenus plus méfiants ?

On est surtout devenus inquiets. Finalement le message du masque qu'est-ce que c'est ? Je suis potentiellement contaminateur pour l'autre et l'autre est potentiellement contaminateur pour moi. Je suis un peu malade, on n'est pas complètement sain quand on a besoin de se protéger l'un de l'autre. Au fond, une vie recommence. Une vie sous le régime de la santé recommence. On a le droit d'avoir une nouvelle manière de ressentir de l'optimisme.

Est-ce si facile de faire tomber le masque ?

Je pense à celles et ceux qui sont les plus malades que j’accueille dans mon service qui ont été vraiment fracassés par cette pandémie, par les conséquences de la pandémie ou qui avaient avant une angoisse qui a été majorée. Ceux-là n’ont peut-être même pas envie d'enlever le masque. Nous n'oublions pas qu'il y a celles et ceux qui ne jouent pas avec la grande euphorie collective. Pour tous les autres, cela ne va évidemment pas être difficile. Ce qui va être difficile c’est de garder une certaine mesure. Vous avez vu quand les terrasses ont rouvert, on a été confrontés à certains débordements. Nous recevons au niveau du cerveau, un message compliqué qui est à la fois un message d'optimisme et un message de risque. C'est ça, l'optimisme 2021, c’est un optimisme tempéré de la perception des risques. On doit intégrer absolument les deux. Ce serait dramatique qu'on ne soit pas content aujourd'hui. Il faut savoir faire un petit exercice. Vous sortez pour la première fois sans masque. Vous allez avoir une impression agréable. Soyons conscients de nos sensations agréables et en même temps, il va falloir garder une conscience des risques. 

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