Déconfinement : "Il faut vraiment faire attention" et éviter "un relâchement", alerte l'infectiologue Jean-Paul Stahl

Même s'il admet qu'il faut "donner de l'espoir" aux Français face à l'épidémie de Covid-19, Jean-Paul Stahl estime que le gouvernement donne l'impression que l'épidémie "c'est fini", "alors qu'on en est loin" selon lui.

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Des jeunes profitent du beau temps sur les quais de Seine à Paris avant le couvre-feu, le 13 avril 2021. (BENOIT DURAND / HANS LUCAS)

Selon Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble, invité de franceinfo jeudi 22 avril, nous n'avons pas encore dépassé le pic de la troisième vague de Covid-19 : "On peut l'espérer, c'est vrai. Mais c'est un plateau qui est singulièrement haut pour l'instant. Donc moi, je trouve que c'est optimiste. On espère que c'est vrai, mais je serais moins définitif sur le diagnostic."

Pour l'infectiologue, cette communication de l'exécutif est donc "à moitié dangereuse".

"On est en train d'instiller dans l'esprit des gens que ça y est, c'est fini, c'est bientôt les vacances et la fin des masques, etc. Alors qu'on en est loin".

Jean Paul Stahl, infectiologue

à franceinfo

Jean Paul Stahl admet cependant la nécessité de "donner de l'espoir". "On ne peut pas laisser les gens dans un tunnel en permanence, juge-t-il. Donc là, il y a un vrai problème de communication. Il faut vraiment faire attention. Il ne faudrait que cet espoir, qui est ainsi présenté, soit l'occasion d'un relâchement des mesures, parce que là, ça serait la catastrophe absolue."

"S'il y a un relâchement, c'est mécanique, il y aura des infections", rappelle-t-il. Pour pouvoir déconfiner, explique l'infectiologue, il faut d'une part "s'acharner" à respecter les mesures barrières, et d'autre part se faire vacciner. "Quand on voit que certains rendez-vous de vaccination restent sans preneurs, c'est quand même inquiétant. Donc là, il faut aussi un vrai effort de communication en faveur du vaccin", fait-il remarquer.

Les autotests, "presqu'un gadget"

Jean-Paul Stahl s'inquiète d'une communication qu'il juge "totalement délétère, et irresponsable d'un point de vue médical" sur les effets secondaires du vaccin, qui existent, reconnaît-il mais qui sont , selon lui, "infimes par rapport aux bénéfices apportés." L'infectiologue explique en effet que le risque de thrombose en prenant une pilule anticonceptionnelle "est 60 fois supérieur au risque de faire une thrombose quand on se fait vacciner contre le Covid." 

"Les accidents existent, oui, mais leur nombre est tellement faible par rapport aux nombres de vies sauvées qu'il est absurde de ne pas se faire vacciner."

Jean Paul Stahl

à franceinfo

Quant aux autotests, deployés dans les lycées à partir du 3 mai, l'infectiologue estime que "médicalement, ce n'est pas une bonne idée". "Un test biologique, quel qu'il soit, doit être fait dans des conditions optimales, défend-il. Parce que si on prélève mal, évidemment le résultat n'a aucune fiabilité. Donc il faut un prélèvement dans de bonnes conditions et surtout il faut l'interpréter." D'après Jean-Paul Stahl, ces autotests sont "presque un gadget". "Faire un test tout seul dans son coin, sincèrement je n'y crois pas", conclut-il.

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