Déconfinement : avec la réouverture des terrasses, des riverains craignent les nuisances

Entre occupation des rues avec les terrasses éphémères et le bruit causé par les clients, certains riverains de quartiers animés s'inquiètent.

Article rédigé par
Théo Boscher, Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une terrasse éphémère à Paris (illustration). (BERTRAND GUAY / AFP)

"Là-bas il y a une terrasse, là-bas il y a une terrasse, là-bas il y a une terrasse..." France, une habitante du 11e arrondissement de Paris, un quartier avec de nombreux bars, fait le compte : sur 300 mètres, une douzaine d'établissements ont installé des tables en extérieur. Alors que les cafés et restaurants ont de nouveau le droit de rouvrir depuis le 19 mai, au vu de l'évolution positive de l'épidémie de Covid-19, certains riverains s'inquiètent.

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"Cela empiète vraiment. Les résidents, ils ont besoin parfois de venir, de stationner, là c'est incroyable", peste France. Des collectifs de riverains demandent des contrôles des emplacements de ces terrasses et surtout des nuisances sonores causées par la présence du public sur le trottoir. "Plus la soirée avance, plus les gens vont être alcoolisés", assure Gilles Pourbaix, le président du réseau Vivre Paris, qui fédère plusieurs de ces collectifs parisiens. "En plus, ils vont peut-être même stagner devant l'établissement, même une fois fermé. Ils vont finir leur bière, vous pouvez en avoir jusqu'à 1 heure, 2 heures du matin."

Mohssine Ait Ali, qui gère un restaurant-bar rue Saint-Maur, se veut rassurant : "Nous on aura de la musique en fond au même niveau sonore que maintenant, le but ce n'est pas de faire la fête et de déranger le voisinage, on veut travailler en bonne et due forme, on gérera nos clients au maximum après 21 heures. Je ne pense pas que ça puisse laisser place à des nuisances extraordinaires." Plusieurs patrons de bars du 11e disent qu'ils ont déjà reçu des avertissements de la police.

Fermer à 21 heures... ou 21h15

À quelques kilomètres de là, d'autres patrons de bars ont déjà prévu le coup : dans le quartier Pigalle, Simon, le responsable du Noctambule, sait qu'il devra sûrement élever la voix parfois pour forcer certains clients à partir avant 21 heures. "Parfois, il y a des gens qui sont un peu 'relous'. Mais c'est une minorité, généralement les gens comprennent quand on leur dit 'on ferme'. Enfin ce ne sera peut-être pas 21 heures pile-poil, il y a toujours un quart d'heure ou 20 minutes de plus."

Mais pour d'autres, pas de tolérance, l'heure c'est l'heure. "20 minutes avant la fin du couvre-feu, on arrêtera de servir, pour que les clients aient le temps de rentrer chez eux, affirme Tristan, le gérant du bar Fondamental.

"On n'a pas très envie de refermer dans deux mois, donc on espère que les gens joueront le jeu et seront disciplinés."

Tristan, patron du bar Fondamental

à franceinfo

Mais pour autant, pas question d'embaucher des vigiles pour faire respecter les règles, les finances sont à sec. Certains gérants misent donc sur le civisme, mais aussi sur la police. "J'imagine que les forces de l'ordre seront là pour faire respecter le couvre-feu, on est sur une des avenues les plus touristiques de Paris, donc je pense qu'elles ne manqueront pas de rappeler à l'ordre si jamais", témoigne Adrien, du restaurant Vertical Art.

La mairie de Paris se dit également mobilisée. Des agents ont d'ailleurs déjà effectué des tournées pour sensibiliser les restaurateurs au nécessaire respect des règles. Après le 9 juin, les terrasses ont par ailleurs ordre de fermer à 22 heures, quand le couvre-feu passera à 23 heures.

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