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Coronavirus et spectacles : "On a besoin d'un message très clair, d'audace et de volontarisme de la part du gouvernement", estime Jean-Marc Dumontet

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, va recevoir les acteurs du monde la culture mardi.

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Radio France
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Un homme attend le début d'un spectacle dans la "Cour d'Honneur du Palais des Papes" à Avignon, le 18 juillet 2020. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

La dérogation accordée au Puy du Fou (Vendée) pour accueillir, samedi 15 août, 9 000 spectateurs à l'occasion de la Cinéscénie reste en travers de beaucoup de gorges. Une autorisation donnée alors que les rassemblements de plus de 5 000 personnes sont interdits jusqu'à la fin du mois d'octobre. Mais, la ministre de la Culture dément "tout passe-droit" pour le parc vendéen. Roselyne Bachelot doit recevoir mardi 18 août les acteurs du monde de la culture. "On a besoin d'un message très clair, on a besoin d'audace et de volontarisme de la part du gouvernement", a déclaré lundi sur franceinfo Jean-Marc Dumontet, producteur de spectacles et propriétaire de plusieurs théâtres parisiens.

franceinfo : Que pensez-vous de la dérogation accordée au Puy du Fou ?

Jean-Marc Dumontet : On est dans un pays très jacobin. On a de cesse de critiquer le centralisme, mais dès qu'on donne le pouvoir aux préfets et que ça ouvre, ça pose problème. Pour moi, le Puy du Fou est un épiphénomène. Aujourd'hui, on manque de clarté pour le monde du spectacle. À partir du mois de septembre, nos spectacles vont pouvoir jouer dans toutes les salles de France. Le Puy du Fou est un exemple symbolique très fort qui nuit à toute la communication du monde du spectacle. Ce qui est important de dire c'est que la plupart des lieux peuvent jouer en respectant des conditions sanitaires qui sont strictes. Aujourd'hui, il faut que les Français retrouvent le chemin des salles.

Les conditions sanitaires sont-elles prêtes pour la rentrée ?

Tout ça est prêt et surtout, aujourd'hui, c'est devenu quelque chose de banal. On prend le train, on prend l'avion, les transports publics, où les gens sont côte à côte. Dans nos théâtres, il y a encore la distanciation et malgré tout, on arrive à passer de bons moments. Aujourd'hui, les spectateurs munis d'un masque c'est quelque chose de totalement banal. Cela n'empêche pas le public de participer, d'avoir un bon moment et de savourer le spectacle. Le message qu'on doit faire passer c'est que nos lieux sont opérationnels, prêts et qu'à partir du mois de septembre il y a des spectacles dans toute la France. Il y a encore une restriction à moins de 5 000 personnes mais j'espère que la dérogation du Puy du Fou ouvrira plein d'autres dérogations et qu'au bout d'un moment on va arriver à avoir le dessus sur ce virus.

Roselyne Bachelot va recevoir mardi les acteurs du monde la culture. Qu'en attendez-vous ?

On a besoin d'un message très clair, on a besoin que l'ouverture soit la règle, on a besoin que soient abolies les règles de distanciation, on a besoin d'audace et de volontarisme de la part du gouvernement. Il a fallu avoir de l'audace pour mener le déconfinement et il faut que cela continue et qu'on ne soit pas les derniers à pouvoir ouvrir. Aujourd'hui, on peut ouvrir avec 70% de notre jauge, ce qui économiquement n'est pas très satisfaisant mais mieux que rien. Nous sommes les derniers à sortir de ce confinement absolu. Certes il y a une recrudescence du virus mais il y a aussi une recrudescence des peurs. Le nombre de contaminés augmente mais pas celui de gens qui sont à l'hôpital.

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