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Déconfinement, tests, hydroxychloroquine... le "8h30 franceinfo" de Marie-Paule Kieny

Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, était l'invitée du "8h30 franceinfo", vendredi 8 mai.

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Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, le 9 mars 2016.
Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, le 9 mars 2016. (MARTIAL TREZZINI / KEYSTONE)

À trois jours du début du déconfinement en France, Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, membre du CARE, ancienne sous-directrice générale à l’OMS, était l'invitée de franceinfo, vendredi 8 mai. La scientifique est revenue sur les annonces du gouvernement sur le déconfinement, le 11 mai, et sur la recherche liée à l'épidémie de coronavirus Covid-19.

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"C'est toujours inquiétant de voir comment ça va se passer, mais il fallait encadrer ce déconfinement", a déclaré Marie-Paule Kieny, alors que depuis l'annonce du début du déconfinement, des relâchements ont pu être observés un peu partout. Cette nouvelle phase va être observée attentivement. Selon la scientifique, "il y a un tel relâchement de la situation dans certains endroits qu'il vaut mieux encadrer un déconfinement progressif que de laisser le déconfinement se déliter lui-même."

Selon la scientifique, ce n'est "pas dangereux" de déconfiner les régions classées rouge mais "c'est quelque chose qu'il faut surveiller comme du lait sur le feu, de façon à pouvoir redonner un coup de mesures plus strictes si besoin".

Brigades : l'intervention humaine "indispensable"

Des "brigades" de l’Assurance maladie vont être mises en place dès le début du déconfinement pour casser les chaînes de contaminations au coronavirus. Elles seront en poste sept jours sur sept, de 8h à 19h, pour remonter les contacts des personnes testées positives. "Une intervention humaine est indispensable", a estimé la directrice de recherche à l’Inserm. "On parle beaucoup de tracking avec des applications sur les téléphones, mais l'intervention humaine est utile et indispensable." Ces brigades vont être mises en place pour identifier les contacts. "Il s'agit de parler aux gens. Ces brigades vont intervenir quand il y aura un malade pour lui demander qui il a rencontré dans les derniers jours et ensuite ils vont chercher ces personnes", a-t-elle ajouté.

C'est un travail qui demande beaucoup de présence humaine.

Marie-Paule Kieny

à franceinfo

Le tracking suscite de nombreuses inquiétudes. Une réaction tout à fait justifiée pour Marie-Paule Kieny : "Il y a lieu de s'inquiéter quand on essaie d'utiliser des moyens nouveaux, quand on essaie de surveiller la population. Ce qu'il faut c'est qu'on ait toute garantie que les données soient effacées après."

L'hydroxychloroquine "ne marche pas" selon les études

L'Europe a lancé une étude, appelée Discovery et coordonnée par l'Inserm, pour comparer plusieurs traitements contre le coronavirus. Des résultats devraient être rendus publics mi-mai, mais l'essai prend plus de temps de prévu à se déployer hors de France en raison de "difficultés réglementaires". Le traitement à l'hydroxychloroquine fait partie des pistes étudiées. "La plupart des études qui sortent disent que ça ne sert à rien et que ça ne marche pas", a déclaré Marie-Paule Kieny. "Mais tant qu'on n'a pas toutes les preuves on continue à inclure des patients dans cette étude."

Pour l'étude Discovery, "il y a un comité qui voit les résultats. Soit il dit, on continue, soit il dit, on arrête. Si on continue c'est parce qu'on n'a pas encore de preuves que ces traitements sont efficaces. Si on arrête c'est qu'on la preuve que ça ne marche pas, soit qu'on a la preuve que ça marche, que les résultats sont solides. Mi-mai ce comité va regarder les résultats et dire ce qu'on fait. Le président a raison de dire qu'il y aura des résultats, mais ça peut être de dire qu'il faut continuer."

Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, le 9 mars 2016.
Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm, le 9 mars 2016. (MARTIAL TREZZINI / KEYSTONE)