Déconfinement : "Si on ne trouve pas de vaccin en septembre, le protocole sanitaire, même assoupli, ne permettra pas d'accueillir tous les enfants à l'école", selon la FCPE

Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des conseils de parents d'élèves réagit aux propos de Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, qui s'est dit favorable à l'allègement du protocole sanitaire à l'école, notamment lors de la cantine et de la récréation.

Des élèves, dans une classe, le 4 juin 2020.
Des élèves, dans une classe, le 4 juin 2020. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"Si on ne trouve pas de vaccin en septembre, le protocole sanitaire, même assoupli, ne permettra pas d'accueillir tous les enfants", met en garde dimanche 7 juin sur franceinfo Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la Fédération des conseils de parents d'élèves, alors que Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique se dit favorable à l'allègement du protocole sanitaire à l'école notamment lors de la cantine et de la récréation.

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, estime aujourd'hui qu'il serait possible d'assouplir les règles sanitaires qui pèsent sur les établissements scolaires. Cela concernerait davantage le temps périscolaire que la vie en classe à proprement parler. Quel regard portez-vous sur cette suggestion ?

Rodrigo Arenas : Il ne nous appartient pas de commenter une décision du Conseil scientifique qui a la responsabilité de dresser d'une certaine façon les règles pour faire face à la pandémie. Que ce soit à l'école, mais aussi ailleurs. Maintenant, il appartient à la puissance publique, en particulier au gouvernement et donc à l'Etat, de voir dans quelles conditions cela peut s'établir tout en préservant évidemment la santé des Françaises et des Français, qu'ils soient enfants ou adultes. La réalité depuis le début, et même avant la reprise du 11 mai c'est qu'au regard du protocole sanitaire, les écoles n'étaient pas en mesure d'accueillir tous les enfants. Et aujourd'hui encore, sept élèves sur dix restent sous la responsabilité des parents qui, d'ailleurs, ont été des bons élèves.

Des parents particulièrements sollicités depuis le début de la pandémie...

Oui, et pour toute récompense ils ont vu leurs revenus baisser dès lors qu'ils continuent à garder les enfants. Ils sont passés au chômage partiel et subissent une baisse de 16% de leurs revenus. Voilà comment ces familles ont été remerciées de leurs efforts civiques pour avoir assumé leurs responsabilités de parents pour faire face à l'incurie de l'Etat. Maintenant, les parents ont retrouvé pour beaucoup le chemin du travail. Et force est de constater que les enfants ne sont pas accueillis. Et c'est pour cela que nous plaidons maintenant depuis plusieurs semaines pour que tous les espaces soient ouverts pour accueillir les enfants sous la responsabilité de professionnels dont c'est le métier de s'occuper des enfants et des jeunes, et en particulier pour prendre la charge des enfants qui ont eu des difficultés pendant le confinement.

Les vacances sont dans un mois. Est-ce encore utile de faire revenir des enfants à l'école pour si peu de temps ?

Quand on regarde la préconisation du Conseil scientifique qui d'ailleurs, veut arrêter son travail, donc, clairement, faire en sorte que ce soit l'Etat qui prenne la suite. Ces mesures viendraient pour la fin juin avec les vacances qui commencent le 4 juillet. On comprend bien qu'on parle surtout pour l'été, du mois de septembre c'est-à-dire qu'on prépare le protocole sanitaire pour faire l'école autrement. Mais les décisions ne sont pas encore prises et les enjeux ne sont toujours pas assumés. Car si on ne trouve pas de vaccin en septembre, le protocole sanitaire, même assoupli, ne permettra pas d'accueillir tous les enfants. Mais soit on accueille tous les enfants à l'école, soit on ne peut pas tous les accueillir.

Il va falloir augmenter le nombre de lieux d'accueil et organiser les choses autrement. Car l'enseignement à distance, ce n'est pas remplacer les enseignants par un ordinateur et des logiciels. L'enseignement c'est un métier, un métier qui fait appel à une pédagogie et on ne saurait remplacer un enseignant par un algorithme. Et ce ne sont pas les parents qui doivent continuer à faire la classe ou à accompagner les enfants à la place des enseignants, car ce n'est pas leur métier. Et on voit bien que les inégalités risquent de se creuser par rapport à la scolarité. Si, d'ores et déjà, nous nous préparons mal le mois de septembre.