Déconfinement : "Nos concitoyens doivent absolument reprendre le chemin des cabinets médicaux" alerte le président de la Fédération de l’hospitalisation privée

"Il ne faut pas que nos concitoyens pensent que lorsqu'ils vont ouvrir les portes d'une clinique ou d'un hôpital, ils vont tomber sur des hordes de virus totalement déchaînées. Nous les maîtrisons", assure Larmine Gharbi, invité de franceinfo, mardi 5 mai. 

Un stéthoscope et un masque dans un cabinet médical. (photo d\'illustration)
Un stéthoscope et un masque dans un cabinet médical. (photo d'illustration) (CYRILLE ARDAUD / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

"Nos concitoyens doivent absolument reprendre le chemin des cabinets médicaux", a insisté ce mardi 5 mai sur franceinfo Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée, qui lance "un cri d’alerte". "Nous avons réduit, sur demande de notre ministre, toutes les opérations qui n'étaient pas urgentes, mais elles deviennent urgentes aujourd'hui. C'est pratiquement entre 800 000 et un million d'opérations qui ont été déprogrammées depuis deux mois" en raison de l’épidémie de coronavirus, a-t-il expliqué. "Il ne faut pas que nos concitoyens pensent que lorsqu'ils vont ouvrir les portes d'une clinique ou d'un hôpital, ils vont tomber sur des hordes de virus totalement déchaînées. Nous les maîtrisons", a-t-il assuré.

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franceinfo. Que dites-vous à ces personnes qui n’osent plus aller voir leur médecin à cause du Covid-19 ?

Lamine Gharbi. Notre rôle est de soigner, mais également de rassurer aujourd'hui. C'est un cri d'alerte que je lance : il faut expliquer à nos concitoyens qu'ils doivent absolument reprendre le chemin des cabinets médicaux, reprendre le chemin des services d'urgence. Nous opérons dans notre secteur chaque année plus de sept millions de nos concitoyens. Depuis deux mois, il n'y a pratiquement plus d'activité.

Nous avons réduit, sur demande de notre ministre, toutes les opérations qui n'étaient pas urgentes, mais elles deviennent urgentes aujourd'hui.Lamine Gharbià franceinfo

C'est pratiquement entre 800 000 et un million d'opérations qui ont été déprogrammées depuis deux mois, donc nous devons reprendre une activité normale et, pour ce faire, nous devons rassurer.

Justement, comment pouvez-vous rassurer les patients ?

En sécurisant le parcours de soins, en créant des circuits spécifiques. C'est ce que nous avons fait. Un exemple : la chirurgie ambulatoire doit être encore plus développée pour que le patient reste le moins possible dans un établissement de soins. On le sait tous, moins on reste dans une clinique ou un hôpital, moins on a de risques d'attraper ce qu'on appelle une infection nosocomiale. Aujourd'hui, ce n'est pas une bactérie, c'est un virus.

Autre exemple : tous nos patients qui, demain, arriveront pour se faire soigner seront en chambre individuelle. Il faut rassurer. Il ne faut pas que nos concitoyens pensent que lorsqu'ils vont ouvrir les portes d'une clinique ou d'un hôpital, ils vont tomber sur des hordes de virus totalement déchaînées. Nous les maîtrisons.

franceinfo. Quels sont les risques à plus long terme, notamment pour les nourrissons qui n’ont pas été vaccinés pendant le confinement alors qu’ils auraient dû l’être ?

Il y a des risques majeurs, notamment pour les enfants, mais on mesurera les conséquences dans les mois ou les années à venir. Moi, je suis sur une reprise, aujourd'hui, immédiate. C'est important que, dès maintenant, nos concitoyens entendent ce message et se disent : "On ne dérangera pas les soignants". Les établissements de santé publics et privés sont sécurisés. C'est important de le dire parce que nos concitoyens, on le voit bien, ont respecté le confinement et aujourd'hui, on leur dit : "Lundi, vous allez reprendre votre voiture, les transports en commun..." C'est compliqué, ils ont peur.

Retourner dans un établissement de soins, je pense que c'est le summum de la peur. Nous devons rassurer.Lamine Gharbià franceinfo

Nos concitoyens doivent aussi être responsables et aller voir leur médecin, qui est le seul qui sache si le patient doit se faire hospitaliser ou s'il doit reprendre le rendez-vous pour avoir l'opération qui était prévue au mois de mars ou au mois d’avril et qui a été reportée. On ne pourra pas prendre en charge tous les patients s'ils arrivent tous d'un seul coup, en juin ou en juillet. Ce ne sera pas possible. Il faut commencer dès maintenant.