Déconfinement : les transporteurs publics estiment ne pas avoir "les moyens humains et matériels" de mettre en place les gestes barrières souhaités par le gouvernement

Les principaux opérateurs, qui redoutent des "troubles à l'ordre public", ont écrit une lettre à Edouard Philippe.

Une rame de métro arrive sur le quai de la station La Fourche, le 24 avril 2020 à Paris.
Une rame de métro arrive sur le quai de la station La Fourche, le 24 avril 2020 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Pour eux, c'est tout simplement impossible. Les transporteurs publics ont décidé d'écrire au Premier ministre Edouard Philippe pour lui faire part de leurs inquiétudes, à une semaine du début du déconfinement en France. Dans ce document de trois pages, daté du 30 avril, et auquel nos confrères du Parisien ont eu accès, l'Union des transporteurs publics (UTP), la RATP, la SNCF, Keolis, Transdev et Agir expliquent n'avoir "ni les moyens humains ni matériels" de faire respecter les gestes barrières souhaités par le gouvernement.

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A commencer par le respect de la distanciation physique d'un mètre entre les voyageurs, qui est infaisable en l'état, selon les signataires. Malgré les injonctions du Premier ministre pour qu'ils trouvent une solution, les transporteurs notent, "après plusieurs jours de travail" qu'ils "ne disposent pas, aujourd'hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation".

Dans ce courrier, les opérateurs posent "la mobilisation des forces de l'ordre, nationales et municipales" comme une "condition indispensable à la régulation" des flux d'usagers. C'est déjà ce que demandait la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, dans le Journal du dimanche, réclamant "un renfort de 5 000 forces de l'ordre".

Si rien n'est fait pour les accompagner dans cette reprise d'activité, les transporteurs menacent : "Nous considérons de notre devoir de vous informer du risque très élevé de trouble à l'ordre public qui conduira nécessairement à l'arrêt des transports publics".