De Camaïeu à Airbus, le panorama des destructions d'emplois en France liées au coronavirus se dessine

Les suppressions de postes attendues chez Camaïeu ne sont q'un exemple de ces entreprises poussées dans le rouge par la crise du coronavirus en France.

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Radio France
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Des centaines de suppressions de postes sont attendues chez Camaïeu. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS)

Les centaines de suppressions de poste qui vont intervenir chez Camaïeu viennent se rajouter à toutes celles déjà répertoriées depuis le confinement. Est-il possible d'établir un panorama des emplois détruits depuis le début de la crise sanitaire ? Le cabinet spécialisé Trendeo a compilé pour cela des données pour franceinfo, grâce auxquelles on peut voir quels sont les secteurs qui ont le plus souffert de la crise du coronavirus.

Il y a d’une part les entreprises qui n’étaient déjà pas en grande forme avant le virus. Le confinement a accéléré leur faillite. C’est vrai pour Camaïeu mais aussi pour d’autres enseignes de l’habillement : Naf Naf, Célio, La Halle, Orchestra, autant d’entreprises qui ont déposé le bilan ces derniers mois mais dont les difficultés sont plus anciennes. Ces marques de vêtements à petit prix n’ont pas réussi leur mutation, pas pris le virage de la vente en ligne. Elles avaient déjà pâti du mouvement des "gilets jaunes" et de celui contre la réforme des retraites.

L'industrie très lourdement frappée

Le commerce de détail, dont fait partie l’habillement, comptabilise ainsi quasiment 6 000 suppressions de postes depuis la mi-mars et la fermeture des magasins, selon Trendeo. C’est près de 13% des emplois de ce secteur détruits.

Les suppressions d'emplois enregistrées en France depuis le 15 mars 2020. (THOMAS DESTELLE / FRANCEINFO)

Mais c’est l’industrie qui paye le plus lourd tribut en terme d’emplois selon Trendeo, avec plus d’un emploi sur deux détruit depuis la mi-mars l’est dans l’industrie manufacturière : 56% des postes précisément. C’est énorme. Avec là aussi des secteurs qui souffraient déjà avant la crise sanitaire. Par exemple, l’automobile. Renault a connu une année épouvantable marquée par la difficile succession de Carlos Ghosn.

Mais la crise est plus profonde et atteint les équipementiers. Valéo supprime 2 000 postes. Avec 13% des emplois détruits, l’industrie auto occupe la troisième marche de ce triste podium, juste derrière le transport aérien qui représente près de 17% des annonces de suppressions de postes, l’essentiel chez Air France.

L'aéronautique et ses sous-traitants aux abois

Au final, c’est un secteur qui d’habitude recrute qui supprime le plus d’emplois pour cause de coronavirus : l'aéronautique. D’habitude exportateur, à forte valeur ajoutée, qui fait la fierté de la France et recrute d’ordinaire à tours de bras. C’est une des grandes victimes actuelles de la crise sanitaire, avec un carnet de commandes qui n’est pas prêt de se remplir, et plus de 10 000 emplois détruits au total selon Trendeo, dont la moitié chez Airbus.

Beaucoup de sous-traitants sont là aussi obligés de lancer des plans sociaux, et cette conséquence engendre une carte de France des destructions d’emplois modifiée, avec notamment l’Occitanie, centre névralgique de cette industrie en France, particulièrement affectée.

Les suppressions d'emplois enregistrées dans l'industrie manufacturière en France depuis le 15 mars 2020. (THOMAS DESTELLE / FRANCEINFO)

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