Covid-19 : une surmortalité deux fois plus élevée chez les personnes nées à l'étranger durant la première vague, selon l'Insee

Dans le détail, la surmortalité a surtout frappé les personnes originaires d'Afrique, avec une hausse de 21% chez celles nées au Maghreb et 36% chez celles nées dans un autre pays d'Afrique.

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Des agents des services mortuaires posent à côté d'un brancard à la morgue de l'hôpital Emile-Muller à Mulhouse (Haut-Rhin), le 22 avril 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Un sombre constat. Les personnes nées à l'étranger ont connu en 2020, pendant la première vague de la pandémie de Covid-19, une surmortalité deux fois plus élevée que celles nées en France, révèle l'Insee vendredi 16 avril. Si le nombre des décès a augmenté en général de 9% l'an dernier par rapport à 2019 en France, avec 669 000 morts, celui des personnes étrangères a bondi de 17%, précise l'Institut national de la statistique. "Pendant la première vague de la pandémie, la hausse des décès des personnes nées à l'étranger a ainsi été 2,1 fois plus forte en moyenne que celle des personnes nées en France", écrit l'Insee.

L'écart s'est creusé en mars et avril 2020

Dans le détail, la surmortalité a surtout frappé les personnes originaires d'Afrique, avec une hausse de 21% chez celles nées au Maghreb (40 100 décès) et 36% chez celles nées dans un autre pays d'Afrique (7 400). Les patients originaires d'Asie ont aussi connu une forte surmortalité, avec un bond de 29% des décès (6 300), alors que ceux originaires d'Europe, d'Amérique ou d'Océanie ont enregistré une hausse de leur mortalité "proche de celle observée pour les personnes nées en France".

Si l'Insee affirme que son étude "ne permet pas d'expliquer la différence de surmortalité" entre ces deux populations, elle relève toutefois que l'écart s'est surtout creusé aux mois de mars et avril 2020, lorsque la situation épidémique a conduit au premier confinement.

Les plus précaires surexposés au virus

Ces données factuelles viennent conforter l'idée, appuyées par certaines enquêtes publiées ces derniers mois par des associations, que les migrants les plus précaires ont connu une surexposition au virus.

L'étude de l'Insee met aussi en évidence que "la hausse des décès a été particulièrement forte en Île-de-France". La région "concentre 42% de l'excès des décès durant la première vague et même 67% s'agissant des personnes nées en Afrique ou en Asie", rapporte ainsi l'Institut. Qui explique : "Ces dernières résident beaucoup plus souvent que la moyenne en Île-de-France", où se concentrent 32% des personnes nées au Maghreb et 49% des personnes nées dans le reste de l'Afrique, contre 16% seulement de celles nées en France.

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