Covid-19 : une entreprise souhaite munir ses salariés d'un boîtier anti-rapprochement physique

Le groupe Essity, qui produit sous diverses marques des serviettes et des mouchoirs en papier, des serviettes hygiéniques et des couches ou des cotons démaquillants, compte 2 500 salariés en France.

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France Télévisions
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Un salarié de l'usine Essity de Gien (Loiret), le 16 novembre 2018. (MAXPPP)

"C'est complètement anxiogène, ça infantilise les salariés." Afin de limiter la propagation du Covid-19, le groupe suédois Essity souhaite équiper ses salariés français d'un boîtier qui sonnerait en cas de rapprochement physique trop important, une initiative qui indigne la CFDT, syndicat numéro un dans l'entreprise.

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C'est "un système comparable à celui qui dissuade les chiens d'aboyer", dénonce le syndicat dans un communiqué publié lundi 11 janvier. D'après la CFDT, ces "colliers émettraient un son de 85 décibels dès que la distanciation sociale ne serait plus respectée".

"L'idée, c'est de discipliner les salariés et de les rappeler à l'ordre", dénonce Christine Duguet, déléguée syndicale CFDT. Pourtant "il n'y a eu aucune contamination entre les salariés" chez Essity, indique-t-elle. "Il y a la procédure des agences régionales de santé, tous les cas sont déclarés, les gens sont placés à l'isolement..." pour prévenir tout risque, énumère la responsable. Elle dénonce "une atteinte aux libertés individuelles" dont les salariés "ne veulent pas. [Ces boîtiers] vont finir dans les poubelles ou rester dans les casiers, c'est n'importe quoi".

La direction dit vouloir "renforcer la sécurité" de ses équipes

La direction du groupe, qui produit sous diverses marques serviettes et mouchoirs en papier, serviettes hygiéniques, couches ou cotons démaquillants et compte 2 500 salariés en France, se défend en invoquant son souhait de "renforcer la sécurité des collaborateurs".

"Ce dispositif ne comporte pas de système de géolocalisation et n'est pas relié à des informations personnelles", précise la firme. Elle indique en outre qu'il sera inactif dans les sanitaires, au restaurant d'entreprise ou encore à l'infirmerie.

"Avec ce système, le référent Covid du site aurait la possibilité d'alerter des cas contacts potentiels de manière plus rapide et exhaustive", avance Essity. Une avancée que conteste Christine Duguet, "étant donné qu'on nous dit que les boîtiers ne sont pas nominatifs".

Essity explique que "les modalités de fonctionnement seraient à déterminer avec les instances représentatives du personnel" et assure que "des discussions sont en cours pour la mise en place de ce dispositif dans plusieurs sites européens du groupe". Un comité social et économique (CSE) doit se réunir la semaine prochaine lors duquel la direction doit préciser son projet, selon la CFDT.

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