Covid-19 : un quart des formes sévères liées à une anomalie génétique ou immunologique, selon deux études de l'AP-HP

La première étude montre qu'une anomalie génétique affecte la protéine qui empêche le virus de se répliquer dans l'organisme. La deuxième publication explique que 15 à 20% des formes sévères sont causées par la présence dans le sang des patients d'auto-anticorps qui visent cette protéine.

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France Télévisions
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Une soignante auprès d'un patient en réanimation à l'hôpital Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 8 février 2021. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le fait de développer une forme sévère du Covid-19 pourrait être lié dans un quart des cas à une anomalie génétique ou immunologique, révèlent vendredi 20 août deux études publiées dans la revue scientifique Science Immunology, et sur lesquelles des médecins et chercheurs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris ont travaillé, précise l'AP-HP dans un communiqué.

Dans la première étude (lien en anglais), les chercheurs sont partis du constat que les formes les plus graves de la maladie touchaient principalement les hommes. Ils se sont donc intéressés à la différence génétique entre hommes et femmes : la présence d'un seul chromosome X chez les premiers contre deux chez les secondes. Ils ont ensuite séquencé le code génétique de ce chromosome X chez les patients ayant développé une forme grave du Covid.

Ils ont comparé ces séquençages avec ceux d'hommes ayant eu des formes asymptomatiques ou légères du Covid. Ils ont alors découvert une perte de fonction d'un gène chez certains patients. Or ce gène joue un rôle-clé dans la production de l'interféron de type 1, une protéine produite par notre système immunitaire et qui empêche le virus de se répliquer dans l'organisme. Cette anomalie génétique explique 1,3% des formes graves, selon les chercheurs.

Le virus pénètre dans l'organisme "sans rencontrer de résistance"

La seconde étude (lien en anglais) démontre que 15 à 20% des formes sévères de Covid sont provoquées par la présence dans le sang des patients d'anticorps qui ciblent ces interférons de type 1 et les empêchent d'agir. Le coronavirus responsable du Covid, le Sars-CoV-2, "pénètre ainsi dans les cellules sans rencontrer de résistance et se réplique de façon incontrôlée", expose l'AP-HP.

Les chercheurs ont aussi découvert que ces auto-anticorps sont très rares avant 65 ans (0,2 à 0,5%) et augmentent ensuite exponentiellement en vieillissant, atteignant 4% entre 70 et 79 ans, et 7% entre 80 et 85 ans. "Les causes et les mécanismes de cette augmentation dans la population générale restent à élucider mais celle-ci explique en partie pourquoi l'âge est un facteur de risque majeur dans le développement de formes graves de Covid-19", conclut l'AP-HP.

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