Covid-19 : trois scénarios à l'étude au conseil de défense sanitaire pour freiner l'épidémie

Emmanuel Macron prononcera une allocution à 20 heures mercredi soir.

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Radio France
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Emmanuel Macron visite un centre d'appel de la Sécurité sociale française consacré à la vaccination Covid-19, le 29 mars 2021 à Créteil (Val-de-Marne). (LUDOVIC MARIN / AFP)

Alors qu'Emmanuel Macron préside mercredi 31 mars un nouveau conseil de défense sanitaire à l'Elysée, et avant une intervention du président de la République à 20 heures, trois scénarios sont à l'étude pour tenter d'endiguer l'épidémie de Covid-19, selon les informations de franceinfo. Ces trois scénarios concernent, pour l'instant, les 19 départements déjà confinés. D'autres départements pourraient également être concernés par ces mesures.

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Selon le premier scénario, rien ne change sur les mesures dites de freinage, mais pour alléger la pression hospitalière, des médecins réanimateurs peuvent venir de zones moins touchées par la circulation du virus. Du personnel peut être également mobilisé pour les établissements privés où 2 000 lits sont encore disponibles au niveau national. Une proposition "explosive" est aussi à l’étude : rendre obligatoire les transferts de patients, sans le consentement des familles, mais en payant aux proches hébergement, transport et chômage partiel. Enfin la vaccination serait accélérée pour les enseignants.

La deuxième hypothèse prévoit la fermeture des établissements scolaires pour trois à quatre semaines avec des vacances scolaires sans doute allongées. Cette mesure entraînerait alors un renforcement du télétravail avec davantage de contrôles dans les entreprises. Cette fermeture sera territorialisée, selon plusieurs sources, mais la liste des départements soumis à des mesures renforcées doit s'allonger : pas une région ne sera épargnée, selon un proche du chef de l'Etat. Est-il possible de faire de la dentelle au sein des régions, ou faut-il "nationaliser" ces mesures, c'est une des questions qui doit être tranchée.

Enfin, troisième scénario : le confinement "dur" comme il y a un an, avec écoles fermées et attestation de sortie en journée.

Les arbitrages ont bien été actés mercredi matin, selon Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, et non à la dernière minute comme cela a parfois été le cas avec Emmanuel Macron. Le facteur principal retenu est la situation dans les hôpitaux, a précisé Gabriel Attal à l'issue du Conseil des ministres et du Conseil de défense sanitaire : la "ligne rouge" est le tri des patients.

"Ne rien faire sur les écoles, ce n’est pas tenable dans la durée"

Pour annoncer ces mesures, une prise de parole de Jean Castex ou Emmanuel Macron était envisagée, mais c'est Emmanuel Macron qui s'exprimera à 20 heures : c'est ce qu'a confirmé l'Elysée, mercredi matin. "Si des mesures fortes sont prises sur l’école, au chef de l’Etat de les porter", explique un conseiller. La non-fermeture des établissements scolaire était jusque-là un totem, à toucher en dernier recours. Si la décision est prise de les fermer, c'est un changement de doctrine et une intervention logique du chef de l’Etat, comme à chaque moment charnière. Et vu les mesures envisagées, la balance penchait donc pour une allocution présidentielle, comme le révélait franceinfo dès mardi soir.

Pour l'exécutif, il a fallu peser le pour et le contre de chaque scénario. Jean Castex s’est rendu à l’Elysée mardi soir pour en parler avec le chef de l’Etat. Le sujet est sanitaire mais aussi évidemment politique, avec toujours en tête la notion d’acceptabilité - sociale, économique, psychologique - des mesures. Il faut des décisions qui soient respectées, sinon ça ne sert à rien, et puis placer le curseur au bon endroit. "Ne rien faire sur les écoles, ce n’est pas tenable dans la durée", explique une source gouvernementale, car on aura tous les jours le décompte des classes qui ferment : désastreux dans l’opinion. "Mettre en place les demi-jauges au collège", comme c’est le cas au lycée est une hypothèse jusque-là évoquée. Mais "vu la situation maintenant, ça peut donner le sentiment qu’on est mou", poursuit la même source qui pense que, de toute façon, ça va bouger.

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