Covid-19 : si la situation empire, "on n'aura pas d’autre choix que de reconfiner", affirme un épidémiologiste

Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, recommande de se faire dépister "chaque fois qu'il y a eu un doute, qu'il y a une situation à risque ou qu'on est symptomatique, et cela durant tout l'hiver."

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une personne se fait dépister contre le Covid-19, le 9 janvier 2021 à Bagneux (Hauts-de-Seine). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Une vaste opération de dépistage du Covid-19 a été lancée ce week-end dans 300 communes de la région Île-de-France, menée en coordination avec la Croix-Rouge, dans des gymnases ou dans des salles municipales. Un dispositif important pour le docteur Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. "Il faut que l'on se fasse dépister chaque fois qu'il y a eu un doute, qu'il y a une situation à risque ou qu'on est symptomatique, et cela durant tout l'hiver", plaide-t-il samedi 9 janvier sur franceinfo. Mais selon l'infectiologue, si la situation empire, il faudra "reconfiner puisque c’est ce qui est le plus efficace".

>> Covid-19 : suivez les dernières informations dans notre direct

franceinfo : Ces opérations massives de dépistage, est-ce une bonne chose selon vous ?

Benjamin Davido : Ce qui est recommandé, c'est de se faire dépister au retour des vacances. Parce que le problème, c'est la contamination pendant cette période de brassage, indépendamment des dates fatidiques du 24 et du 31 décembre. Il y a des gens qui ont eu des vacances décalées et c'est toujours l'opportunité. Mais j'ai envie de dire que malheureusement, la contamination ne va pas s'arrêter d'un claquement de doigts à la fin des vacances scolaires. Il faut que l'on se fasse dépister chaque fois qu'il y a eu un doute, qu'il y a une situation à risque ou qu'on est symptomatique, et cela durant tout l'hiver, donc c’est un véritable marathon.

Le couvre-feu est avancé dans huit départements supplémentaires, est-ce la bonne solution ?

C’est la moins mauvaise des mesures. La réalité, c'est que plus on a d'échanges avec des individus dans la journée et en dehors de ses horaires de travail, plus on est à risque de se contaminer. Il y a des clusters, y compris familiaux et avec des amis.

"Plus on va mettre un couvre-feu tôt, qui est malheureusement, une sorte de verrou, le moins on aura de contacts sociaux et c'est probablement plus facile avec l'hiver où il fait nuit tôt."

Benjamin Davido, infectiologue

à franceinfo

Est-ce qu’un reconfinement complet sera nécessaire ?

La première étape sera d’abord d'avancer le confinement à l'ensemble des départements. Ensuite, malheureusement, si on se retrouve face à une évolution exponentielle comme cela a été le cas en octobre, on n'aura pas d’autre choix que de reconfiner puisque c’est ce qui est le plus efficace.

Au Royaume-Uni, on compte trois millions de cas de Covid-19 diagnostiqués, 80 000 morts et ce variant. Est-il plus dangereux que la souche première ?

Ce variant a la capacité d'augmenter la transmission de 40 à 70 % surtout parmi les jeunes. C'est ce qui a été montré dans les études réalisées au Royaume-Uni et malheureusement, de façon arithmétique, ça va augmenter les hospitalisations. Il faut savoir que les décisions de confinement, on les prend parce qu'il y a un dépassement des capacités hospitalières et donc, on se retrouve avec un accélérateur de l'épidémie qui plaide en faveur de la vaccination massive.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.