Covid-19 : "S'il faut des mesures fortes, il faudra les appliquer sans aucun état d’âme", assure le maire de Thionville

Le maire de Thionville, deuxième ville de Moselle, se dit prêt à appliquer des "mesures fortes, sans aucun état d'âme", alors que le gouvernement juge la situation sanitaire "préoccupante". 

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Radio France
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Le maire de Thionville Pierre Cuny (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

"S'il faut des mesures fortes, il faudra les appliquer sans aucun état d’âme", a déclaré jeudi 25 février sur franceinfo Pierre Cuny, maire de Thionville, deuxième ville de Moselle. Le Premier ministre Jean Castex doit tenir un point presse ce jeudi soir sur la situation sanitaire en France, car elle est préoccupante dans une dizaine de départements, déplore le gouvernement. Un confinement partiel le week-end a déjà été décidé pour la ville de Dunkerque et les communes du littoral dans les Alpes-Maritimes.

franceinfo : Dès lundi, il faudra présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures pour les déplacements non professionnels entre la Moselle et l'Allemagne. Est-ce une bonne décision selon vous ?

Pierre Cuny : Oui, je crois qu'à partir du moment où on permet aux frontaliers qui travaillent des deux côtés de pouvoir circuler sans contraintes, c’est quelque chose qui peut parfaitement s'envisager. À travers les réflexions des uns et des autres, je crois qu'il y a plusieurs lignes sur lesquelles il ne faudra pas transiger. Je crois qu’il ne faut pas d’état d’âme puisqu'on voit qu’il y a une accélération notamment des variants. Je pense que s'il faut des mesures fortes, il faudra les appliquer sans aucun état d’âme. Nous sommes aujourd'hui dans ce que j’appelle un couloir très étroit, avec une montée en force de la vaccination qu’il faut encore accélérer. Nous ouvrons ici à Thionville un centre de vaccination dès demain et j'appelle bien sûr tous mes collègues généralistes, médecins du travail à s'engager dans cette dynamique de la vaccination. Plus la vaccination va être importante, et on le voit en Israël, plus on va surmonter cette partie des mutations du virus.

Les mesures fortes, sans état d'âme, ça veut dire quoi ?

Ça dépend. Là, je pense qu'il faut territorialiser, j’y suis tout à fait favorable. J'étais très réticent à proposer un confinement dur pour la Moselle. Je préférais effectivement, il y a dix jours, avancer les vacances scolaires. Je pense qu'il faut travailler avec réalisme. En Moselle, on est à un taux d'incidence aux alentours de 300 pour 100 000 habitants. A Dunkerque, c’était plus de 900, avec d'ailleurs un variant sur le Thionvillois qui est un variant sud-africain et non pas anglais. Donc, on voit bien qu'il faut pour chaque territoire faire une adaptation. Par contre, si demain on voit une accélération sur notre territoire, là, évidemment, je serais partisan de renforcer le confinement tout en laissant quand même la liberté des uns et des autres à aller travailler. Je rappelle que c'est plus de 110 000 personnes qui, sur mon territoire, traversent la frontière.

Qu’attendez-vous du Premier ministre Jean Castex ?

En Moselle, ce qui a été fait pour le moment me satisfait. Il y a une surveillance étroite qui est faite. Il y a une accélération la vaccination qui est claire puisque nous sommes passés de 10 à 17 centres de vaccination. Nous avions réclamé de façon territoriale plus de vaccins : cela a été fait. Il y a plus de 30 000 doses qui ont été données en supplément sur la Moselle, comme cela va être fait dans les Alpes-Maritimes et dans le Dunkerquois. Je pense qu'aujourd'hui, en Moselle, les mesures qui ont été appliquées, il faut les poursuivre. Mais si demain, on se retrouve avec une accélération beaucoup plus importante, je pense que là, il faudra effectivement revenir peut-être à un confinement le week-end, comme cela est proposé dans les Alpes-Maritimes ou dans le Dunkerquois.

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