Covid-19 : "On a l'impression d'être pris pour des personnes irresponsables et d'être infantilisés", se désole une étudiante

Des arguments comme "le brassage sandwich" pour justifier le maintien en distanciel ne sont pas "recevables", estime Éléonore Schmitt, membre-fondatrice du collectif "Derniers confinés".

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Radio France
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Des étudiants en session d'examens en période de Covid-19 (photo d'illustration). (STÉPHANE MAGGIOLINI / RADIOFRANCE)

"On a l'impression d'être pris pour des personnes irresponsables et d'être infantilisés. On entend les arguments sanitaires et on ne veut surtout pas faire prendre de risques inutiles mais les arguments avancés ne sont pas recevables pour nous", se désole vendredi 15 janvier sur franceinfo Éléonore Schmitt, membre-fondatrice du collectif "Derniers confinés" et qui a récemment écrit une lettre à Emmanuel Macron pour dénoncer la situation des étudiants. Dès le 25 janvier, les étudiants pourront revenir en présentiel dans les universités mais cette mesure concerne uniquement les étudiants en première année et les travaux dirigé (TD). Ce retour devra par ailleurs se faire en demi-groupes.

franceinfo : Le retour des étudiants en présentiel pour les TD, c'est une bonne nouvelle pour vous ?

Éléonore Schmit : C'est forcément un premier pas. Cela permet de renouer le dialogue social avec les étudiants, mais c'est très lent. C'est très peu, voire ça complique la situation puisqu'en ouvrant les travaux dirigés en demi-groupes, il faudrait dédoubler les enseignants. Il y a aussi le souci où on fait revenir des étudiants juste pour deux ou quatre heures dans la semaine dans certaines filières, ce qui n'est pas très pratique. On entend les arguments sanitaires et on ne veut surtout pas faire prendre de risques inutiles. Mais c'est surtout la façon dont le gouvernement amène les arguments avec la question, par exemple, du "brassage du sandwich" à midi. Ce sont de arguments qui ne sont pas recevables pour nous. On a plutôt l'impression d'être pris vraiment pour des personnes irresponsables et d'être infantilisés.

Que demandez-vous ?

Ce qu'on demande, c'est de pouvoir être considéré vraiment à part entière, comme les lycéens et les travailleurs. Qu'on puisse revenir en présentiel ou qu'on puisse avoir une activité, que le gouvernement entende vraiment la détresse des étudiants. Ce n'est pas juste qu'on nous vole les plus belles années de nos vies, c'est qu'il y a vraiment des personnes qui pensent au suicide, voire qui passent à l'acte. Avant, on ressentait vraiment ce malaise mais depuis l'écriture de la lettre encore plus, on reçoit des témoignages d'étudiants qui nous disent plutôt mourir que de rester dans cette situation-là.

Comment se passent les cours à distance ?

Techniquement, ça se passe bien mais c'est juste totalement déshumanisé. On voit notre prof sur un écran. Lui ne voit pas parce que personne ne met la caméra et il n'y a plus de contact. Il n'y a plus d'interaction. Ce qui me manque, c'est tout le lien social avec mes camarades, mes professeurs. Juste le fait de croiser des gens dans l'université. Garder du lien social, c'est compliqué. Heureusement, j'ai une petite promotion donc on se connaît assez bien et je peux compter sur le soutien de mes amis mais sinon c'est compliqué. Pendant le confinement, j'ai vraiment vu personne, c'était assez dur à vivre.

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