Covid-19 : "Nous devons tous y adhérer sinon nous allons à la catastrophe", alerte un député lyonnais, avant l'annonce de nouvelles restrictions à Lyon

Jean-Louis Touraine, également médecin, appelle à l'effort de tous pour freiner la résurgence du coronavirus en France.

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La rue de la République à Lyon, où le masque est désormais obligatoire. (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

Alors que la préfecture du Rhône doit faire des annonces lundi 21 septembre sur les mesures destinées à faire face à l'épidémie de Covid-19, Jean-Louis Touraine, médecin et député LREM du Rhône, membre de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, estime vendredi 18 septembre sur franceinfo qu'"on n'est pas à deux jours près". "Il y a de la pédagogie qui est faite pour essayer de convaincre chacun", notamment les jeunes, explique-t-il.

franceinfo : Pourquoi attendre le début de semaine à Lyon pour prendre de nouvelles mesures ? 

Jean-Louis Touraine : On n'est pas à deux jours près, il y a déjà des mesures notables qui ont été prises et puis il y a de la pédagogie qui est faite pour essayer de convaincre chacun de prendre des mesures de raison. Nous attendons tous, en tout cas, tous les médecins qu'il y ait effectivement l'énoncé par le préfet de mesures comparables à ce qui s'est passé à Nice. Les rassemblements de plus de dix personnes, la vente d'alcool après 20 heures, tout cela doit être interdit parce qu'effectivement, il y a une situation qui devient particulièrement grave. Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, au total, il n'y a guère à peine plus de mille lits de réanimation capables d'accueillir ces malades et ceci grâce à tous les efforts, qui ont été faits pour les augmenter puisque c'est déjà un doublement par rapport à il y a quelques mois. Mais avec 1 000 lits, si on ne fait rien de plus que ce qui se fait aujourd'hui, l'extrapolation de l'augmentation des cas fait que l'on aura déjà, le 1er décembre, dépassé les capacités d'accueil des 1 000 lits de réanimation. Et le 1er janvier, ce seront deux mille deux cents patients qu'il faudra accueillir dans les services de réanimation, c'est-à-dire le double du nombre de lits qui existent.

Il y a donc urgence à agir ?

Vous voyez bien qu'on est obligés de réagir et je pense qu'il vaut mieux le faire, si possible, par une adhésion de tous. Donc, c'est pas mal d'essayer de convaincre en même temps que de prendre des mesures de prohibition. D'ailleurs, cette pédagogie est tout à fait indispensable auprès de tout le monde. Je pense que si on veut bien toucher les jeunes, il faut trouver des relais parmi eux. Moi, je crois que certains des jeunes mettent le masque parfois plus pour éviter un PV que pour éviter le virus. Il faut vraiment expliquer à quel point c'est important à la fois pour eux et pour leurs parents ou grands-parents. Enfin, il faut aussi, bien sûr, dire à tout le monde que le masque doit être porté devant le nez et la bouche. Cela ne sert à rien d'avoir un masque s'il n'est pas devant le nez et la bouche. Tous ces efforts de pédagogie, ajoutés à des mesures de restriction qui, bien sûr, restreignent un petit peu certaines possibilités, sont indispensables si on ne veut pas avoir une catastrophe aussi considérable, voire pire, que ce qu'on a connu jusqu'à maintenant. Je crois qu'on y est contraint.

Que répondez-vous à ceux qui disent que ces mesures sont liberticides ?

J'entends bien certaines personnes dire que ça nous prive de liberté, mais vous savez, le masque lui-même, ce n'est pas quelque chose qui prive de liberté. C'est ce qui nous permet d'aller et venir en toute sécurité donc c'est au contraire un instrument de liberté. Quant aux mesures d'interdiction de vente d'alcool après 20 heures ou des choses comme ça, ce sont des limitations plus que des éléments de coercition véritable. Et je pense que nous devons tous y adhérer parce que sinon, nous allons à la catastrophe. Là, pour le coup, si on devait aller jusqu'à un confinement, là, ça serait privateur de libertés. Mais nous essayons tous de faire en sorte que nous n'ayons pas cette obligation du confinement. Je crois qu'on pourra l'éviter, j'en suis même persuadé, pour peu que des mesures soient respectées, et volontairement respectées par l'immense majorité de la population. C'est vrai qu'il y a une situation pour laquelle il faut beaucoup jouer sur la prévention. Parce que si on doit affronter quelque chose d'aussi sévère que ce qu'on a connu au printemps, ça sera très difficile. Et les personnels seront en difficulté. Donc il faut faire en sorte qu'il y ait moins de cas.

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