Covid-19 à la Réunion : avec la levée du confinement, "on est enfin un peu plus libérés", se réjouit un cardiologue de Saint-Denis

La situation s'est "assouplie" en réanimation mais le Dr Geoffray Rambaud pointe une "pénurie de soignants" depuis l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale pour ces professionnels.

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Radio France
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Une soignante s'occupe d'un patient atteint du Covid-19 dans le service de réanimation de l'hôpital de Saint-Pierre, à La Réunion, le 30 juillet 2021. (RICHARD BOUHET / AFP)

Confinés depuis le 31 juillet, pour freiner une nouvelle vague de Covid-19, les habitants de La Réunion sont déconfinés à partir du samedi 18 septembre. "On est enfin un peu plus libérés", se réjouit le Dr Geoffray Rambaud. Le couvre-feu, lui, reste en vigueur mais est repoussé à 23 heures. Sur franceinfo, ce cardiologue à la clinique Sainte-Clotilde de Saint-Denis, à La Réunion, et vice-président de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de la Réunion, estime que "c'est assez cohérent", puisque seuls "33% des 12-18 ans" sont vaccinés sur l'île. Dans les services de réanimation des hôpitaux réunionnais, la situation s'est "assouplie" mais il pointe une "pénurie de soignants" depuis l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale le 15 septembre.

franceinfo : la situation sanitaire à La Réunion permet-elle cette levée du confinement ?

Dr Geoffray Rambaud : Tout à fait. La situation s'est nettement améliorée. Le taux d'incidence est passé de 425 à 96 pour 100 000 habitants. Les mesures de confinement et de restriction ont été extrêmement efficaces, avec des Réunionnais qui ont joué le jeu. Les résultats sont là. Aujourd'hui, on est enfin un peu plus libérés. Et cette liberté d'action va permettre à l'économie de redémarrer un petit peu, parce que, que ce soit les hôteliers, les professionnels de la culture, du tourisme, tous ont souffert de ces restrictions.

Le couvre-feu est repoussé à 23 heures, mais reste en vigueur. Selon vous, faut-il encore garder ce filet de sécurité ?

Pour l'instant, c'est une bonne chose. C'est assez cohérent. En mettant ce couvre-feu à 23 heures, cela limite les événements festifs. On sait bien que ce sont des moments où les mesures barrières sont les moins respectées. Ce sont aussi des moments qui rassemblent des jeunes, qui sont aujourd'hui les personnes les moins vaccinées. À La Réunion, les 12-18 ans sont vaccinés à 33% avec deux doses. Et jusqu'à 50 ans, c'est à peu près 58%.

"Il reste encore environ 300 000 personnes non vaccinées à La Réunion, donc il y a quand même un risque de reprise épidémique, même s'il est moindre."

Dr Geoffray Rambaud

à franceinfo

Notre talon d'Achille, à La Réunion, c'est le manque de lits de réanimation. Jusqu'à présent, on n'a pas eu besoin de faire appel à des évacuations sanitaires sur la métropole. On a, heureusement, pas eu la crise que la Guadeloupe et Tahiti ont connue. Mais il faut encore rester prudents, respecter les mesures barrières et continuer la vaccination pour atteindre les niveaux de métropole qui, à mon avis, vont permettre d'éviter une vague importante.

Où en est la situation aujourd'hui dans les services de réanimation de La Réunion ?

Ça s'est beaucoup assoupli dans les services de réanimation aujourd'hui. Il reste peu de malades en réanimation. L'activité a pu repartir un petit peu plus normalement. Maintenant, on est confrontés à un autre problème, un problème qui découle du pass sanitaire et de l'obligation vaccinale des soignants. On a une pénurie de soignants qui commence à se sentir depuis le 15 septembre. Depuis cette date, ils sont obligés d'être vaccinés pour pouvoir travailler. Et aujourd'hui, on a des services entiers qui sont fermés, avec des déprogrammations de bloc opératoire. Moi, dans mon service, il y a quatre secteurs. Et on a un secteur qui est fermé parce qu'on n'a pas le personnel nécessaire. Globalement, il y a peu de médecins suspendus, un petit peu plus d'infirmières et encore un peu plus d'aides-soignants. Donc ça nous oblige à fermer des secteurs dans quasiment chaque service.

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