Covid-19 : "Les mesures appliquées à Paris doivent s'appliquer dans la métropole lilloise", réclame le chef des urgences du CHU de Lille

"Les indicateurs sont tous dans le rouge" dans la métropole lilloise, assure Patrick Goldstein. Il considère que les propos de ses collègues "rassuristes" sont des "âneries".

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Patrick Goldstein, le chef du pôle des urgences au CHU de Lille, 13 avril 2018. (STEPHANE BARBEREAU / RADIOFRANCE)

"Dans les endroits où ça circule trop vite, en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, et où l'on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions", a déclaré mercredi soir Emmanuel Macron au sujet de l'épidémie de Covid-19. Les voyants "sont tous au rouge" dans la métropole lilloise, assure Patrick Goldstein, chef du pôle urgences et du Samu au CHU de Lille, qui réclame jeudi 8 octobre sur franceinfo que "les mesures qui ont été appliquées à Paris" le soient sur la métropole.

franceinfo : Quelles sont les mesures qui doivent être appliquées ?

Patrick Goldstein : Les mesures appartiennent au pouvoir politique et au gouvernement, donc je vais avoir du mal à me prononcer à leur place. Mais ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas rester en l'état. Aujourd'hui, la situation lilloise est incontestablement une des plus mauvaises de France. Les indicateurs sont tous dans le rouge. Ce qui nous inquiète, ce n'est pas seulement les patients en réanimation, mais également tous ces patients qui ont besoin d'hospitalisation sans réanimation. Un nombre important de patients de plus de 60 ans vont devoir rester à l'hôpital et la densité de lits disponibles est malheureusement aujourd'hui insuffisante, ce qui met l'hôpital en tension. Ce qu'il y a de certain c'est que les mesures qui ont été appliquées à Paris depuis maintenant une semaine doivent incontestablement, si on regarde ces indicateurs, s'appliquer à notre métropole lilloise.

Il faut donc un durcissement des règles ?

On ne peut pas rester en l'état. Il se passe ce que nous avions malheureusement prévu. Dans un premier temps, une augmentation de l'incidence chez les sujets jeunes, c'était lié à la rentrée scolaire, à la rentrée universitaire. Il y a eu un passage parce que les mesures barrières n'ont pas été bien respectées, il faut appeler un chat, un chat. Il y a eu un passage chez les parents, les grands-parents, les amis, la famille, les gens qui ont plus de 55 ans, 60 ans, 65 ans. C'est ceux là que nous voyons arriver à l'hôpital.

C'est donc la jeunesse qu'il faut pointer du doigt ?

Je ne pointe personne particulièrement du doigt. Il ne s'agit pas de stigmatiser qui que ce soit et de toute manière, ce qui est fait est fait. Donc, il est hors de question de dire que c'est la faute de quelqu'un, en gros, c'est la faute du virus. C'est la seule chose dont je suis sûr. La deuxième chose dont je suis sûr, c'est qu'il est impossible aujourd'hui de rester en l'état, des mesures s'imposent sur la métropole lilloise.

Quand vous entendez certains de vos confrères "rassuristes", qui avancent l'idée que l'épidémie est en bout de course, c'est un point de vue qui mérite d'être entendu ?

Tout mérite d'être entendu, c'est un pays démocratique, mais on entend quand même pas mal d'âneries. J'aimerais bien, par moment, voir un certain nombre de mes collègues qui ont strictement rien à voir avec la réanimation, avec l'urgence, les soins intensifs ou la virologie, venir passer deux jours avec nous dans nos services, ils changeront peut être d'idée.

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