Covid-19 : le traitement par anticorps monoclonaux est "une vraie lueur d'espoir", se réjouit le professeur Hervé Watier

La France a autorisé et commandé un premier traitement par anticorps de synthèse, qui doit soigner les malades du Covid-19. Le professeur Hervé Watier voit dans ce remède une "prouesse" et une "lueur d'espoir".

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Radio France
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Le service de réanimation de l'unité Covid d'un hôpital de Saint-Etienne, le 19 février 2021 (REMY PERRIN / MAXPPP)

"C'est le premier médicament réellement efficace, spécifique du virus pour nous aider dans l'arsenal" contre le Covid-19, a insisté vendredi 26 février sur franceinfo le professeur d'immunologie du CHU de Tours Hervé Watier, alors qu'un traitement par anticorps monoclonaux est autorisé pour tenter de soigner les malades du coronavirus. La France en a commandé 100 000 doses. "C'est une vraie lueur d'espoir", a affirmé celui qui coordonne également le laboratoire MABImprove, spécialisé dans les recherches d’anticorps.

franceinfo : D'abord, qu'est-ce qu'un anticorps monoclonal ?

Hervé Watier : Chez un malade qui avait rencontré le virus, on a sélectionné un de ses lymphocytes qui produisent des anticorps. On s'est débrouillé pour que ce lymphocyte produise le meilleur anticorps qu'on puisse trouver, puis on récupère le gène qui code cet anticorps. Ensuite, on le transfère dans des "cellules-usine" qu'on fait multiplier à grande échelle. On produit donc une énorme quantité d'un seul anticorps monoclonal, qui a été sélectionné pour sa capacité à reconnaître le virus, puis à l'empêcher d'infecter nos cellules et de se reproduire dans l'organisme.

On l'injecte donc aux malades. Est-ce que ça fonctionne ?

Oui, ça fonctionne si on l'administre tôt sur des patients qui viennent d'être contaminés et au plus tard dans les cinq jours. Mais idéalement le plus tôt possible. Ça va réduire l'hospitalisation. On va essayer de limiter son utilisation évidemment, il n'est pas question de l'utiliser chez tout le monde. On va l'utiliser chez des patients qui ont des facteurs de risque d'être hospitalisés, de se retrouver en réanimation. Par exemple, des patients qui ont des soins immunosupprimés, qui ont des traitements immunosuppresseurs ou des sujets avec des comorbidités, ou des sujets très âgés.

Et ça coûte très cher ?

Ça coûte le prix habituel d'un médicament de type anticorps, ou même d'un médicament innovant. Ce serait un médicament chimique, ça coûterait aussi cher. Ça coûte entre 1 000 et 2 000 euros, mais c'est un prix tout à fait habituel. Et il faut mettre ça en parallèle avec l'économie que ça doit procurer en réduction du nombre de patients hospitalisés ou en réanimation. C'est le premier médicament réellement efficace, spécifique au virus pour nous aider dans l'arsenal, c'est une vraie lueur d'espoir. C'est le premier médicament qui est sur le marché qui a commencé à être conçu, développé une fois que la pandémie s'était déclarée. Donc, c'est vraiment une grande prouesse que de l'avoir dès à présent.

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