Covid-19 : le docteur Jean-Jacques Monsuez, premier soignant français à avoir été vacciné, l'a fait par "discipline"

Derrière la "lourdeur" administrative française, il y a "un souci de bien faire", plaide le praticien qui a estimé qu'il devait se faire vacciner pour ne pas risquer de faire circuler le virus.

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Radio France
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Le cardiologue français Jean-Jacques Monsuez reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNTech à l'hôpital René-Muret de Sevran, le 27 décembre 2020. (THOMAS SAMSON / AFP / POOL)

Invité de franceinfo lundi 4 janvier, le docteur Jean-Jacques Monsuez, premier soignant à avoir été vacciné contre le Covid-19 le 27 décembre dernier (et deuxième Français vacciné après Mauricette), a expliqué l'avoir fait par "discipline". "Notre journée de travail, c'est d'aller d'une chambre à l'autre, d'un malade à l'autre, d'un service à l'autre. Ensuite, on est avec une équipe soignante et si on est soi-même porteur, on peut contaminer l'équipe. Et tout ce petit monde rentre chez lui en prenant le métro et voit sa famille le soir", a souligné ce cardiologue de l’hôpital René-Muret de Sevran (Seine-Saint-Denis).

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franceinfo : D'abord, comment allez-vous ?

Dr Jean-Jacques Monsuez : Tout à fait bien. Pour les suivants, à partir du 517e, ceux qui n'ont pas encore l'expérience, peut-être qu'ils sentiront un petit peu de sensibilité à l'épaule, peut-être qu'ils auront l'impression d'être, pas fébriles mais un peu chauds le soir, et puis fatigués. Ça a été mon cas et ça m'a surpris, mais sans problème. Il y a deux façons de voir les choses. Soit vous vous dites : C'est un effet secondaire. Soit vous vous dites : Il y a une fantastique mécanique d'immunologie qui se met en route et ça a l'air de marcher. Et le lendemain, tout va bien et on ne se souvient plus qu'on a été vacciné.

Vous avez fait le choix de vous faire vacciner en public devant les caméras. Avez-vous voulu montrer l'exemple ?

Ce n'est pas le terme exact. Quelques jours avant, l'infirmière de la médecine du Travail était venue voir quels médecins âgés de plus de 65 ans souhaitaient être vaccinés pour qu'on puisse commander les doses appropriées. On était deux et on a dit oui. On se disait : Il faut être vaccinés parce qu'on passe d'un malade à l'autre. Notre journée de travail, c'est d'aller d'une chambre à l'autre, d'un malade à l'autre, d'un service à l'autre. Ensuite, on est avec une équipe soignante et si on est soi-même porteur, on peut contaminer l'équipe. Et tout ce petit monde rentre chez lui en prenant le métro et voit sa famille le soir. Au final, pour moi, c'était plutôt quelque chose de l'ordre de la discipline.

Notre sondage franceInfo indique que six Français sur dix sont récalcitrants ou opposés au vaccin. Comment l'expliquez-vous ?

Sur la réticence, je crois qu'il y a un point important : il faut connaître la chose. Je ne pense pas que c'est en matraquant "Vous devez vous faire vacciner" qu'on arrivera à ce que les gens comprennent et souhaitent le faire, pour eux, pour leur famille, pour notre pays aussi. En revanche, il y a de très bons textes qui sont faits par l'Inserm, notamment, et la Société française de pathologie infectieuse, qui expliquent les différents vaccins et cette nouveauté technique, l'ARN messager, qui est quand même très intelligente comme méthode.

La France a choisi une procédure assez stricte, assez complexe, avec le recueil du consentement, puis un délai de rétractation. Est-ce que ça n'ajoute pas encore un peu plus à la crainte ?

On a toujours été un peu doués pour compliquer, mais derrière cette complication bien française, il y a quand même un souci de bien faire. S'il y a 60% de gens réticents mais si on pense que le vaccin est une solution à cette épidémie, qui est catastrophique, il faut quand même arriver à essayer qu'ils comprennent que ça peut utile d'être vacciné.

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