Covid-19 : la mise en œuvre de la vaccination "semble mal engagée", juge l'Association des directeurs au service des personnes âgées

"La moitié des personnes âgées, fragiles aussi, sont accompagnées à domicile par des professionnels tout aussi exposés", rappelle sur franceinfo Romain Gizolme, directeur de l'AD-PA, pour qui elles doivent faire partie des publics prioritaires à la vaccination.

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Une résidente d'un Ehpad à Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris, le 7 juin 2020. Photo d'illustration. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

"Si les principes" de la campagne de vaccination contre le Covid-19 "semblent aller dans le bon sens, c'est la mise en œuvre qui semble mal engagée", a réagi jeudi 3 décembre sur franceinfo Romain Gizolme, directeur de l'AD-PA, l'Association des directeurs au service des personnes âgées. Il se félicite de la priorité donnée aux résidents des Ehpad et à leurs soignants, mais aimerait que les personnes âgées suivies à domicile fassent également partie des publics prioritaires.

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"Les personnes qui vont en établissement sont évidemment fragiles et les professionnels qui les accompagnent tout aussi concernés, affirme Romain Gizolme. Mais il faut garder en tête que la moitié des personnes âgées, fragiles aussi, sont accompagnés à domicile par des professionnels tout aussi exposés."

"Il faut absolument que dès la première phase soient inclus les personnes âgées qui vivent à domicile, sans quoi ça risque d'être une erreur."

Romain Gizolme, directeur de l'AD-PA

à franceinfo

"Si on veut mobiliser l'ensemble des acteurs, il faut écouter les recommandations de la Haute autorité de santé, mais il faut aussi écouter les recommandations des acteurs de terrain", dit le directeur de l'AD-PA.

Il rappelle que le secteur de l'aide à domicile s'est déjà senti exclus d'un certain nombre de mesures depuis le début de l'épidémie. "Les personnes âgées et les professionnels de l'aide à domicile ont été les premiers oubliés lors de la première vague, et le sont pour une part encore sur cette deuxième période d'épidémie car ils ne disposent pas des mêmes moyens. Il ne faut pas rajouter encore un moyen qui ne vaudrait pas pour les services à domicile et que ceux-ci se sentent exclus", souligne-t-il, alors que les aides à domicile et infirmières libérales s'engagent déjà dans les campagnes de vaccination contre la grippe.

Accord préalable à la vaccination

Romain Gizolme souligne également un risque dans le recueil du consentement des personnes âgées avant la vaccination. "Il faudra que l'Etat donne des consignes pour voir dans quelle mesure ce recueil pourra se faire notamment pour des personnes qui ont des fragilités de mémoire, d'orientation, et qui ne bénéficient pas de mesures de protections juridiques comme elle le devrait, parce que les services de l'Etat ne sont pas en mesure de gérer l'ensemble des demandes de protection juridique. Cela crée des situations de zones grises", alerte-t-il. "Il faudra se tourner certainement vers les personnes de confiance quand ils en ont désignées au préalable".

Romain Gizolme précise que certaines personnes âgées hébergées en Ehpad sont toujours en mesure d'exprimer leur accord ou non, et que pour celles qui ont un tuteur ou un curateur, ces derniers devront donner leur accord avant la vaccination.

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