Covid-19 : "La France maintient l'écart entre l'augmentation des nouveaux cas et l'augmentation" des hospitalisations, rassure un infectiologue

Selon le professeur Gilles Pialoux, infectiologue, chef du service des maladies infectieuses tropicales à l'hôpital Tenon à Paris, la vaccination de 75% des Français contre le Covid-19 permet de limiter les hospitalisation en soins critiques malgré la hausse du nombre de cas.

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Radio France
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Le professeur Gilles Pialoux, infectiologue, chef du service des maladies infectieuses tropicales à l'hôpital Tenon à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La montée de la cinquième vague de l'épidémie de Covid-19 "est plus forte qu’attendue", estime dimanche 21 novembre sur franceinfo le professeur Gilles Pialoux, infectiologue, chef du service des maladies infectieuses tropicales à l'hôpital Tenon à Paris. Mais selon lui, le terme "fulgurant" employé par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, "est une impression politique qui ne correspond pas à une réalité mathématique" car "pour l'instant, la France maintient l'écart entre l'augmentation des nouveaux cas et l'augmentation de la rentrée dans l'hôpital".

franceinfo : Depuis deux semaines, le nombre de contaminations progresse très rapidement, de l'ordre de 40 à 50% par semaine. Faut-il effectivement s'inquiéter ?

Gilles Pialoux : Oui, il y a une augmentation de l'incidence. Mais ce qui est important de rappeler, pour rassurer, c'est que l'on suit de très près l'augmentation des hospitalisations et des passages en soins intensifs et critiques et les décès bien sûr. Ils augmentent quand même mais quand vous dites qu'il y a +40% d'augmentation de l'incidence, en parallèle on a 11% d'augmentation en soins critiques. Donc, il y a un écart qui est très important et qui est expliqué par la vaccination. Le terme "fulgurant", [employé par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal], je pense que c'est une impression politique. C'est son droit, mais ça ne correspond pas à une réalité mathématique. Il y a une augmentation, une poussée qui était attendue. Elle est peut-être plus forte qu'attendue. Mais pour l'instant, la France maintient l’écart entre l'augmentation des nouveaux cas et l'augmentation de la rentrée dans l'hôpital. Mais je me permets de rajouter que dans la situation actuelle de l'hôpital public, avec les lits fermés, le problème du personnel, et c'est la circulation des virus hivernaux, on n'aura pas besoin d'une énorme vague pour être pour être submergé.

Comment expliquer cette reprise alors que 75% de la population est complètement vaccinée en France ?

On l'avoue et on l'a souvent expliqué. Les exigences du variant Delta sont beaucoup plus fortes que 75% [de la population vaccinée]. C'est une première chose. Deuxièmement, il y a un angle mort. Il y a les 6,4 millions de personnes de 12 à plus 80 ans, qui sont éligibles à la vaccination et qui n'ont pas encore reçu de dose. Elles se rajoutent aux 10 millions de moins de 12 ans pour lesquels on n'a pas encore d'autorisation vaccinale. C'est un débat. Donc ça fait quand même beaucoup de monde chez lesquels le virus circule. Et en plus, on l'a déjà expliqué, il circule aussi chez les vaccinés. Donc on a globalement une circulation virale qui est importante. Et puis, on le voit bien avec les données de Santé publique France, il y a une baisse des mesures barrières. Par exemple, se saluer sans embrassade, c'est presque seulement un Français sur deux, 54% exactement. Donc, il faut resserrer les boulons, même si tout le monde en a marre.

Le déremboursement partiel des tests Covid-19 est une erreur ?

Moi, je pense que c'est une erreur. Ce n'est pas une erreur économique, mais c'est une erreur sanitaire parce qu'on sait très bien que les gens asymptomatiques se font de moins en moins dépister. On a perdu 24% des asymptomatiques qui se dépistent. Et puis, même les non vaccinés, il y en a presque un quart qui refuse de faire un test, même quand ils ont des symptômes. Le test, ça ne remplace pas la vaccination, mais c'est en plus.

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