Covid-19 : "La crainte d'une troisième vague est très présente", affirme le directeur de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté, la région la plus touchée de France

La région a dû transférer des patients vers d'autres régions, encore cette semaine. Le directeur de l'ARS appelle à "ne pas baisser la garde" à Noël, "à espacer au maximum les convives, aérer la pièce et garder le masque le plus souvent possible".

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Pierre Pribile, directeur général de l'Agence régionale de Santé en Bourgogne-Franche-Comté, 19 juin 2019. (JEAN-FRANCOIS FERNANDEZ / RADIOFRANCE)

"La crainte d'une troisième vague est très présente, en particulier dans notre région", a déclaré Pierre Pribile, directeur général de l'Agence régionale de Santé en Bourgogne-Franche-Comté, invité de franceinfo dimanche 20 décembre. Cette région est la plus touchée par le Covid-19 de France en ce moment avec un taux d'incidence de 220 cas positifs pour 100 000 habitants. Il faut "surveiller cette situation comme le lait sur le feu", prévient Pierre Pribile qui appelle les citoyens à "ne pas baisser la garde".

franceinfo : Pensez-vous qu'à l'image de certains de nos voisins européens, nous aurions dû imposer un confinement strict pour les fêtes ?

Pierre Pribile : Non, pas forcément, puisque nous sommes à un niveau plus bas qu'un certain nombre de nos voisins, et notamment des pays qui prennent ces décisions aujourd'hui. Mais le fait que nous soyons plus bas aujourd'hui ne veut pas dire que nous le serons encore demain. Il faut évidemment surveiller ce taux d'incidence, il faut surveiller cette situation comme le lait sur le feu. La crainte d'une troisième vague est très présente, en particulier dans notre région.

"Mais la suite, elle n'est pas écrite. Elle n'a rien d'automatique. Il n'y a pas de fatalité. Tout dépend du comportement de chacun. Le message, c'est de ne pas baisser la garde."

Pierre Pribile, directeur général de l'ARS en Bourgogne-Franche-Comté

à franceinfo

Alors, c'est difficile de ne pas baisser la garde dans un moment de convivialité et de retrouvailles familiales. Mais ne pas baisser la garde, ça veut dire garder comme réflexes ceux qui sont devenus ceux de notre quotidien. Les gestes barrières, la limitation des contacts. Pour le repas de famille, il y a une référence qui a été fixée de six adultes maximum. Ça n'est pas un objectif, on peut être moins. L'objectif c'est d'espacer au maximum les convives, d'aérer la pièce, de garder le masque le plus souvent possible.

Votre région est en ce moment la plus touchée de France, avec un taux d'incidence de 220 cas pour 100 000 habitants. C'est 100 de plus que la moyenne nationale. Comment est-ce que cela s'explique ?

C'est bien difficile à dire. Et il faut reconnaître que notre région avait déjà été très éprouvée par la première vague, à l'époque partie de Mulhouse, et nous sommes région voisine de Mulhouse par le nord de la Franche-Comté. Et elle est à nouveau éprouvée aujourd'hui par la deuxième qui est encore très, très présente et qui semble même reprendre de la vigueur ces derniers jours. La première explication, c'est que l'épicentre de cette deuxième vague se trouvait en Rhône-Alpes, à nouveau à la frontière de la Bourgogne-Franche-Comté. Cette deuxième vague est arrivée par le Sud, par le Jura, par la Saône-et-Loire. Et nous sommes restés très haut avant de franchir le pic. La deuxième explication est peut-être plus climatique et saisonnière. Il semble que le climat du Nord-Est de la France en cette saison soit particulièrement propice à la circulation du virus. Et cette hausse, on la constate dans tous les départements. Et on la constate aussi dans des zones très rurales où d'habitude, on peut se dire que comme il y a une faible densité de population, la circulation devrait être plus faible. Mais ça n'est pas le cas, y compris dans des territoires comme le Morvan ou même le Haut Jura, ou le Haut Doubs.

Est-ce que vos services hospitaliers sont saturés?

Ils ne sont pas saturés puisque justement, notre travail quotidien avec eux consiste à éviter toute saturation et pouvoir en permanence donner accès aux patients qui en ont besoin aux soins hospitaliers. Mais ils sont bien pleins. Effectivement, le nombre de patients est très élevé, et maintenant, depuis de très nombreuses semaines. Nous avons besoin de temps à autre d'avoir recours à la solidarité d'autres régions. Une vingtaine de patients pendant cette deuxième vague ont dû être transférés vers des services de réanimation d'autres régions. Ça a été le cas cette semaine vers l'Île-de-France ou encore la Nouvelle Aquitaine.

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