Covid-19 : la colocation intergénérationnelle, un remède à la solitude des étudiants

La cohabitation entre jeunes et personnes âgées n'est pas sans risque en pleine épidémie de Covid-19. Avec la peur de la contamination, certaines collocations ont pris fin l’année dernière mais d’autres binômes se sont au contraire renforcés et font face à la pandémie ensemble.

Article rédigé par
Farida Nouar - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Ousmane, Michele et Mamadou des collocataires soudés pendant la crise du Covid-19 à Bordeaux. (Farida Nouar)

"Nomalement, on ne garde pas un bonnet quand une jeune fille rentre dans la pièce, ça c'est la galanterie", lance gentiment Michèle, 82 ans, à son colocataire Mamadou, 27 ans, alors que nous entrons dans sa belle maison bordelaise. Si elle se permet une petite remontrance, c’est parce qu'ils se connaissent bien. "Je vis avec Michèle depuis maintenant deux ans et demi, la cohabitation se passe très très bien", affirme l'étudiant. Alors que l'épidémie de Covid-19 et la peur de la contamination a mis fin à certaines cohabitations intergénérationnelles, celle de Michèle et Mamadou a tenu bon et s'est même renforcée.

"J'ai la chance d'avoir toujours Michèle"

L'octogénaire et le presque trentenaire aiment se raconter des histoires. Mamadou, qui étudie la communication, la sollicite de temps en temps pour ses cours. Chacun apprécie la présence de l’autre et encore plus depuis la pandémie. "Il y a beaucoup d'étudiants qui sont dans des studios de 9m², qui souffrent psychologiquement, qui, quand ils se lèvent le matin, n'ont personne à qui parler alors que moi j'ai la chance d'avoir toujours Michèle ici à la maison", explique Mamadou.

Quand Michèle a attrapé le Covid-19, elle a pu compter sur son colocataire. "J'ai été immédiatement hospitalisée et qui est-ce qui m'a apporté mes affaires ? C'est mon petit-fils et Mamadou, raconte-t-elle. Ils m'ont acheté des sous-vêtements, ils m'ont amené mon appareil à respirer... à vélo !".

"Tout ce que je pouvais faire c'était prouver à Michèle qu'elle n'était pas seule dans ce combat".

Mamadou, étudiant

à franceinfo

"Il était inconcevable pour moi de me désolidariser, non. Tout ce que je pouvais faire pour qu'elle se sente bien moralement, je l'ai fait", commente Mamadou. Et Michèle de conclure : "J'assimile notre situation à des relations de survie".

Le binôme est devenu trio

Faire des courses, prendre des médicaments à la pharmacie pendant les confinements... Mamadou a répondu présent et, à la maison, chacun tente au mieux de respecter les gestes barrières. "Je respire mieux sans masque, explique Michèle. Alors c'est toujours moi qui ne mets pas de masque mais on ne s'approche pas trop. On sait que c'est dangereux." 

Ce binôme plus que jamais soudé a été rejoint depuis 10 jours par un nouveau colocataire : Ousmane, un étudiant qui s'est retrouvé sans logement pendant la crise sanitaire. Il suivait ses cours en distanciel dehors en tentant de capter un réseau wifi. Aujourd’hui, il reprend pied. "Michèle est en train de me sauver la vie, elle est en train de me sauver les études", confie le jeune homme.

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