Covid-19 : en Ile-de-France, le plan blanc "renforcé" est réactivé dans les hôpitaux, en raison d'un afflux attendu de patients

L'ARS a formulé cette demande aux établissements franciliens, afin d'anticiper les tensions à 15 jours dues au regain de l'épidémie. L'AP-HP doit réorganiser ses soins et redéployer ses personnels dans les services, voire annuler des congés déjà posés par les équipes. Le pic de patients devrait survenir autour de la Toussaint.

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Un couloir du service des urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 17 juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)

La situation se tend dans les hôpitaux parisiens, confrontés à un regain d'admissions de patients atteints du Covid-19. En conséquence, le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, Aurélien Rousseau, annonce avoir demandé aux établissements de santé franciliens de déclencher le plan blanc "renforcé", jeudi 8 octobre, "pour mobiliser toutes leurs ressources et anticiper les jours à venir".

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En réalité, le plan blanc n'a jamais été désactivé depuis le début de la crise. Son premier niveau permet notamment d'activer des cellules de crise et de surveiller les tensions hospitalières. Mais l'ARS a cette fois-ci décidé de lancer le niveau 2 (plan blanc renforcé), déjà activé lors du confinement mais mis en pause depuis. Cette décision a été prise en raison de prévisions à 15 jours peu encourageantes réalisées par les épidémiologistes de l'ARS et de Santé publique France.

Ce plan blanc renforcé permet tout d'abord aux directeurs d'établissements de réajuster la programmation des interventions. "Nous ne sommes pas en train de revivre ce qu'on a vécu en mars", insiste malgré tout l'ARS, contactée par franceinfo. "Mais cette fois, nous ne pouvons pas à nouveau déprogrammer des interventions comme nous l'avons fait en mars. En un sens, la tension risque donc d'être plus forte." Ainsi, l'ARS considère qu'à partir de 700 malades hospitalisés en réanimation dans toute la région, il faut déprogrammer un quart des soins, et qu'à partir d’un millier, il faut en déprogrammer 60%.

Soins déprogrammés, mobilité, congés annulés

Le niveau 2 du plan blanc permet également aux directeurs de prendre des mesures d'organisation interne, avec une certaine autonomie. Ce volet ressources humaines donne une latitude aux chefs d'établissements pour redéployer certains personnels soignants sur des missions Covid ou de rappeler du personnel. Mais dans la pratique, certains établissements ont ainsi commencé à déprogrammer des activités non urgentes, fin septembre.

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a d'ailleurs adressé dès le 2 octobre une note aux directeurs des ressources humaines. Les contraintes de service sont "susceptibles de conduire à annuler une majorité des jours de congés (CA, RTT...) initialement programmés", précise en premier lieu le document portant sur la question du temps de travail, consulté par franceinfo.

Nous demandons aux directeurs d'être opérationnels et de pouvoir s'adapter du jour au lendemain pour répondre à un afflux de patients dans les services. Le pic prévu tombe lors des vacances de la Toussaint. Nous le savons, c'est un sujet.

ARS d'Ile-de-France

à franceinfo

"Ces annulations de congés porteront notamment sur les vacances de la Toussaint", précise le texte. "Les organisations syndicales n'ont pas été consultées et nous sommes en colère", glisse un représentant syndical à franceinfo. En contrepartie, les journées travaillées sur des journées de congés ou de repos "planifiées avant la date de parution de la note" seront rémunérées en heures supplémentaires. Celles-ci seront revalorisées de 50% "comme l'ensemble des heures supplémentaires effectuées à partir du 1er octobre". Cette mesure doit être comprise comme une "monétisation des jours de congés annulés".

L'AP-HP annonce également des mesures pour les personnels qui doivent annuler leurs vacances, avec la prise en charge des frais de garde à domicile pour les enfants des "agents ayant annulé leurs congés pour assurer la continuité des soins" (50 heures maximum par enfant).

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