Covid-19 en Guadeloupe : "C'est beaucoup plus intense que lors de la première vague", explique un médecin anesthésiste-réanimateur du CHU de Pointe-à-Pitre

Bruno Jarrige souligne que son service réalise depuis un mois "la même quantité de travail qu'en trois mois lors de la première vague". Plus de la moitié des lits de réanimation sont occupés.

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Radio France
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Le CHU des Abymes en Guadeloupe, en avril 2020. Photo d'illustration. (CEDRICK ISHAM CALVADOS / AFP)

Alors que la Guadeloupe est depuis mercredi 23 septembre en zone d'alerte maximale, le docteur Bruno Jarrige, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Pointe-à-Pitre confirme, sur franceinfo, l'urgence de la situation sanitaire : "C'est beaucoup plus intense en Guadeloupe que lors de la première vague". Concerné par les mesures sanitaires les plus strictes en vigueur, le département français recevra ce week-end le soutien du service de santé des armées. De quoi "soulager" des équipes "épuisées physiquement et psychologiquement", décrit le médecin.

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Responsable de la "cellule Covid" du CHU de Pointe-à-Pitre, Bruno Jarrige salue les décisions prises par le gouvernement mais regrette qu'un "couvre-feu soit pour l'instant impossible à mettre en place juridiquement", alors qu'il pourrait permettre selon lui de "mieux endiguer" la situation sanitaire.

Pour Bruno Jarrige, le principal problème sont les réunions familiales et amicales alors que "plus de la moitié des lits" est occupée dans le service de réanimation de son hôpital. "Comme pour le reste de la population française, je pense que les habitants de la Guadeloupe ont baissé la garde pendant les grandes vacances", justifie-t-il, tout en estimant que la population respecte bien les gestes barrières désormais, "grâce à la communication de la presse et sur les réseaux sociaux".

La Guadeloupe avait été touchée par la première vague, mais de manière gérable, là c'est beaucoup plus intense

Bruno Jarrige, médecin au CHU de Pointe-à-Pitre

à franceinfo

Pour appuyer sa démonstration, Bruno Jarrige, souligne que son service réalise depuis un mois "la même quantité de travail qu'en trois mois lors de la première vague". Pour y remédier, le CHU de Pointe-à-Pitre a décidé ces derniers jours de déprogrammer des opérations notamment en chirurgie, comme ce sera le cas pour 20% des interventions dès ce week-end dans les hôpitaux de Paris.

"Le principal problème c'est le manque de moyens humains et la prise en charge des patients habituels, comme les malades chroniques et les cancéreux", indique le médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Pointe-à-Pitre, qui souligne que la Guadeloupe reçoit déjà l'aide de la Martinique grâce à "des réanimateurs qui sont venus aider à tour de rôle", mais aussi bientôt de la Guyane, où des transports de malades seront "éventuellement possibles".

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