Covid-19 : "Les camions n’ont pas été autorisés à entrer", ces usines chinoises durement touchées par les restrictions sanitaires

Approvisionnement, recrutement, concurrence du Vietnam plus ouvert aux visiteurs... Les confinements et la politique zéro Covid font chuter les exportations de la deuxième puissance économique mondiale.

Article rédigé par
Sébastien Berriot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Photo d'illustration. (STR / AFP)

Dans cette usine de Canton, dans le Sud de la Chine, spécialisée dans la fabrication de meubles pour l’exportation, produire est devenu un casse tête quotidien. Avec les restrictions liées au Covid-19 dans la région, l’acheminement des matières premières est devenu aléatoire, se désole la patronne de l’usine : "Le transport des matériaux pose problème. Par exemple, Dongguan a été confinée en avril, tous nos matériaux n'ont pas pu être livrés."

"Avec les restrictions sanitaires, les camions n’ont pas été autorisés à entrer dans l’usine. Nous n'avons plus les moyen d'organiser la production de manière normale comme avant."

la patronne d'une usine de meubles de Canton

à franceinfo

Le chiffre d’affaire de cette fabrique a déjà été divisé par trois depuis le début de la pandémie. La politique zéro Covid et les confinements en série décidés par les autorités font souffrir l'économie chinoise. Au mois d'avril 2022, les exportations ont seulement progressé de 3.9%, soit le rythme le plus faible depuis près de deux ans. L'industrie est la première victime. Les grandes entreprises sont touchées mais aussi de nombreuses PME.

"La visioconférence ne suffit pas"

Aux difficultés d'approvisionnement s'ajoutent des problèmes de recrutement. Comme dans cette entreprise étrangère qui produit des tours mécaniques dans le Nord de la Chine. Impossible chaque matin de savoir combien d’ouvriers seront présent, raconte un responsable : "La plupart de nos ouvriers vivent dans la province de Hebei [à l'Est], ils viennent travailler au siège à Pékin ou bien dans notre usine d’assemblage à Tianjin. Avec l’épidémie, certains peuvent venir, mais d’autres non, car ils sont en quarantaine. Cela devient la norme."

"Il y a aussi des employés qui ne peuvent pas venir travailler, parce que leur QR code sanitaire ne fonctionne plus. Ça, en plus des problèmes logistiques, il y a un impact réel sur notre production."

le responsable d'une entreprise du Nord de la Chine

à franceinfo

L’usine de meubles de Canton avait pour habitude de montrer sa production à la grande foire annuelle de la cité portuaire. Mais l’évènement en présentiel a été annulé cette année et les clients étrangers commencent à partir ailleurs. "J’espère que nos clients étrangers pourront bientôt venir en Chine, explique la patronne. Aujourd’hui, à cause de notre situation, ils préfèrent aller acheter au Vietnam ou en Indonésie. Mes clients du Moyen-Orient me disent qu’ils sont allés en Turquie. Même si là-bas les meubles sont un peu plus chers, il n’y a pas de restrictions sanitaires. Parce qu’avant d’acheter, ils veulent voir les produits. La visioconférence ne suffit pas, ils n’ont pas une confiance aveugle en nous."

Dans ces conditions, le risque pour la Chine est de ne pas pouvoir tenir son objectif ambitieux de croissance pour 2022 à 5,5%.

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