Covid-19 : "Cette fois-ci, l'enjeu sera de pouvoir traiter tout le monde", "le reste des maladies", prévient un cardiologue

Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat et membre du collectif inter-hôpitaux rappelle que "lors de la première vague, les autres urgences vitales avaient quasiment disparu et on a eu une augmentation des morts subites en ville."

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Radio France
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Un patient malade du Covid-19 hospitalisé en soins intensifs à Strasbourg, le 22 octobre 2020. (FREDERICK FLORIN / AFP)

"Là cette fois-ci, l'enjeu sera de pouvoir traiter tout le monde", "le reste des maladies", a déclaré vendredi 23 octobre sur franceinfo Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat et membre du collectif inter-hôpitaux alors que les cas de Covid-19 ne cessent d'augmenter et qu'Emmanuel Macron a rencontré ce vendredi les équipes du centre hospitalier René-Dubos de Pontoise (Val d'Oise).

Beaucoup de gens dans les hôpitaux refusent de ne faire que du Covid en disant qu'on ne peut pas sacrifier une deuxième fois le reste des maladies

Olivier Milleron

à franceinfo

"Lors de la première vague, il y a eu des gens qui avaient des cancers et qui n'ont pas consulté. Il y avait des gens qui avaient des douleurs à la poitrine et qui n'osaient pas venir à l'hôpital. Il y a même eu des jours où les lignes des urgences étaient complètement saturées et il fallait attendre plusieurs heures. Là actuellement, on n'est pas encore dans une situation où on trie les urgences vitales", explique Olivier Milleron avant d'ajouter : "Là cette fois-ci, l'enjeu sera de pouvoir traiter tout le monde."

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"Cette fois le Covid il est partout. Tous les hôpitaux vont être touchés. Et tous les hôpitaux manquent de bras. Comment on fait pour créer des lits quand on est en manque de personnels ?", questionne-t-il. "Il faudra aussi que le privé prenne sa part. On ne peut pas dire que l'hôpital public va faire du Covid et le privé va continuer à faire son activité habituelle, ça paraîtrait complètement illogique. Surtout que - rappelons-le - le privé fonctionne avec le même argent que le public, c'est l'argent des cotisations et des impôts donc il doit s'intégrer dans le système de santé actuel. Il n'y a pas de raison que le privé ne participe pas", insiste le cardiologue.

À l'hôpital Bichat c'est de dire qu'on va augmenter le nombre de places en réanimation et donc on va être obligés de déprogrammer

Olivier Milleron

à franceinfo

"On peut avoir quelqu'un qui doit se faire opérer du coeur, qui a par exemple un anévrisme de l'aorte avec le risque qu'il fasse une complication très grave. On considère que ce n'est pas une urgence dans l'heure, ni dans les 24 heures mais d'habitude c'est quelque chose qu'on fait dans les semaines suivantes. Mais quand on repousse plusieurs fois, ça fait des gens qui attendent des mois pour avoir leur opération et donc on met leur vie en danger" , déplore le cardiologue.

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