Covid-19 : "Ce qui nous fait peur, c'est cette deuxième épidémie qui est celle des Covid longs", alerte un médecin généraliste

Ne pas se vacciner "est une profonde erreur au regard du risque de réinfestation, du risque de Covid long et des séquelles de la maladie que l'on ne connaît pas encore", estime Jérôme Marty, président du Syndicat de l'Union française pour une médecine libre.

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Le médecin généraliste, président du Syndicat de l'Union Française pour une médecine libre (UFML) Jérôme Marty, le 7 septembre 2021 lors d'une conférence de presse. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"Ce qui nous fait peur, c'est cette deuxième épidémie qui est celle des Covid longs", a alerté lundi 24 janvier sur franceinfo Jérôme Marty, médecin généraliste, président du Syndicat de l'Union Française pour une médecine libre (UFML). Il ne croit pas l’efficacité du pass vaccinal, qui entre en vigueur, pour convaincre les Français les plus récalcitrants à se faire vacciner contre le Covid-19. Surtout que l’OMS évoque une fin éventuelle de la pandémie au printemps. Ne pas se faire vacciner serait "une profonde erreur", selon lui, "au regard du risque de réinfection, du risque de Covid long et les séquelles de la maladie que l'on ne connaît pas encore", explique-t-il.

franceinfo : Rencontrez-vous des patients qui ont fait deux doses et refusent de faire la troisième dose ?

Jérôme Marty : Il y a quelques patients comme ça. Cela ne veut pas dire que c'est fréquent, mais ça existe et ça participe d'une mauvaise explication du vaccin puisque ce vaccin est fait en deux doses plus un rappel. Comme beaucoup de vaccins, le DTCP (diphtérie, tétanos, coqueluche, polio) qu’on fait aux enfants par exemple. C'est la même chose. Donc il faut faire ce rappel parce que c’est un booster d'immunité qui va protéger les gens bien davantage. À une période où le virus circule énormément, malheureusement, la population cible à risque, c'est les non-vaccinés et les insuffisamment vaccinés.

Les non-vaccinés sont majoritairement des anti-vaccins ou c’est plus compliqué que cela ?

Non, c'est beaucoup plus compliqué que cela. Dans les non-vaccinés, vous avez des gens qui n'ont pas encore été atteints par le vaccin, des gens très âgés à domicile. On a tendance à oublier que 92% des gens âgés sont à domicile et pas en institution. Des gens qui peuvent être dépendant physiquement, psychiquement, qui sont sous curatelle, qui font parfois confiance à des gens qui refusent la vaccination pour eux. Vous avez des gens qui ont des doutes quant au vaccin et qui sont accessibles à la discussion, mais qui demanderont à discuter avec le médecin. Et on les revoit deux fois, trois fois, quatre fois parfois, avant de les vacciner. Et puis vous avez des gens qui sont tombés du côté de ce mouvement antivax, complotistes structurés qui ont des idées fallacieuses sur le vaccin et qui peuvent être prosélytes.

Pensez-vous que le pass-vaccinal soit un outil efficace pour faire évoluer ces Français ?

Je ne pense pas ce soit un outil très, très efficace. Je pense qu'on va assister, fort heureusement quand même, à une hausse des vaccinations chez les gens qui avaient quelques doutes ou qui n'avaient pas encore été atteints par le vaccin. Mais chez les gens qui sont tombés dans ce côté antivax, qui en font presque une question politique, qui en font une question totalement abracadabrantesque par rapport aux raisons qu'ils donnent, ceux-là ne viendront pas plus vers la vaccination.

On a une immense circulation virale. On n’a même pas de référentiel à ce niveau-là. On a un nombre de cas faramineux, explosif. On a des hospitalisations qui continuent à augmenter, même si en réanimation, cela va mieux.

"Ce que l’on voit, c'est que les gens se réinfectent. L'immunité naturelle n'est pas importante dans cette maladie."

Jérôme Marty, médecin généraliste

à franceinfo

On a des Covid longs en quantité et on en aura de plus en plus. Le vaccin protège quand même contre le Covid long. Ce qui nous fait peur, c'est cette deuxième épidémie qui est celle des Covid longs.

La déclaration de l’OMS qui évoque un répit en Europe au printemps n’aide pas à convaincre les plus réticents ?

C'est exactement ça. De la même façon que quand vous annoncez donner un tour de vis, vous avez des répercussions de cette annonce avant même que vous mettiez en place le tour de vis. Quand vous annoncez : "ça va mieux et on va lever les mesures au musée au mois de février" ou autre, vous avez un relâchement avant la levée des mesures. C'est comme ça, c'est humain. Et donc, effectivement, une quantité de gens peuvent être amenés à se dire : mais après tout, ça va mieux, pourquoi se vacciner ? Ce qui est une profonde erreur au regard du risque de réinfection, du risque de Covid long et les séquelles de la maladie que l'on ne connaît pas encore. Tout cela fait qu'il faut être prudent et protéger à l'envi les gens fragiles, et cela veut dire se vacciner.

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