Covid-19 : "Avec une circulation telle" du virus en France, "on a des nouveaux variants", déplore un généticien

Philippe Froguel appelle à surveiller ces nouveaux variants dont certains pourraient en partie échapper à la protection vaccinale.

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Radio France
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Le généticien et endocrinologue Philippe Froguel au CHRU de Lille, le 4 novembre 2003. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

"On ne fait pas assez de séquençage", déplore dimanche 18 avril sur franceinfo Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille, alors que l'inquiétude grandit autour de la multiplication des variants, notamment le variant brésilien. Samedi, Matignon a annoncé que la France allait instaurer une quarantaine obligatoire de dix jours pour les voyageurs en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili, d'Afrique du Sud et de Guyane, face à l'inquiétude sur les variants du coronavirus.

"Il faut aussi bloquer le variant indien, qui lui aussi commence à inquiéter à peu près tout le monde. On l'a repéré depuis à peu près un mois en Angleterre, mais il y a une très grosse augmentation du nombre de cas dans certains États d'Inde, avec des éléments qui rappellent très très fortement le variant brésilien : plus de contagiosité, plus de mortalité apparemment, et il atteindrait des gens beaucoup plus jeunes, voire des enfants, ce qui inquiète beaucoup de monde en Inde", alerte le généticien.

"Il faut faire ce que font les Anglais : tous les voyageurs s'inscrivent sur un site, paient plusieurs centaines de livres sterling, qui vont permettre de faire deux tests PCR - un à deux jours, un à huit jours. Avec, s'ils sont positifs, un séquençage total du génome du virus."

Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille

à franceinfo

"Il faut vérifier si l'on importe ou pas des nouveaux variants", insiste Philippe Froguel.

Surveiller pour modifier si besoin la politique vaccinale

À l'instar de son confrère épidémiologiste Renaud Piarroux invité la veille sur franceinfo, il estime que les séquençages sont insuffisants en France : "Il était prévu d'en faire entre 6 et 10 000 par semaine, et en fait si l'on regarde les bases de données, il y en a 2 à 3 000 qui sont faits en réalité. C'est bien dommage, car on n'a pas demandé aux grands centres de génomique ou au secteur privé d'aider les laboratoires de virologie", affirme-t-il.

"Avec une circulation telle qu'on a actuellement en France, on a des nouveaux variants, on en a eu dans plusieurs endroits de France, comme en Bretagne. Il faut les surveiller, il ne suffit pas de les détecter. Il faut une vraie surveillance pour savoir s'ils sont inquiétants et s'ils vont modifier la politique vaccinale", assure Philippe Froguel.

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