Covid-19 : à Mayotte, "le confinement tout seul ne suffira pas", alerte la députée LREM Ramlati Ali

Le territoire français de l'océan indien voit une explosion de cas de coronavirus. Les frontières "poreuses" avec les Comores pourraient en partie expliquer cette flambée, selon l’élue.

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Radio France
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Des passagers descendent de bateau à Mamoudzou, sur l'île de Mayotte, en juin 2020 (illustration). (ALI AL-DAHER / AFP)

Face à l'explosion de l'épidémie de Covid-19 à Mayotte, le préfet a annoncé un reconfinement total du département à compter de vendredi 5 février au soir, pour une durée de trois semaines. Les écoles seront fermées. Mais "le confinement tout seul ne suffira pas", a estimé vendredi sur franceinfo Ramlati Ali, députée La République en marche de la première circonscription de Mayotte.

franceinfo : Le confinement était-il la seule solution ?

Ramlati Ali : La seule, on va dire que oui, puisqu'on passe à un taux d'incidence à 440 pour 100 000 habitants, avec une pression sur l'hôpital qui devient inacceptable, puisqu'on a 16 lits de réanimation et qu'aujourd'hui, 12 sont occupés par des cas de Covid, même si on peut faire une extension. Je pense qu'à un moment, il faut faire baisser la pression et l'une des solutions pour faire baisser la pression de l'infection, c’est de confiner.

La circulation de l’épidémie a été fulgurante en quelques semaines. Comment l’expliquez-vous ?

On est à proximité des Comores, à 70 km des côtes d’Anjouan, et ce n'est un secret pour personne que nos frontières étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire poreuses, les gens vont et viennent des autres îles vers Mayotte. On sait que là-bas, même si on ne sait pas exactement ce qui s'y passe, le variant sud-africain y sévit pas mal. Et donc, forcément, on s'attendait que cela viendrait à Mayotte et cela n'a pas raté, ce variant circule. Le confinement tout seul ne suffira pas.

Le préfet nous a annoncé que des moyens supplémentaires ont été alloués par le gouvernement, à savoir une surveillance plus accrue, la Marine serait dans les parages pour surveiller les frontières, qu'il y aurait des moyens de surveillance aérienne. Si on arrive à arrêter le flux de ceux qui viennent des autres îles, on pourra arrêter ce qui se passe dans les territoires. Je pense que ça pourrait quand même apporter les résultats escomptés, peut-être pas dans l'immédiat, mais on peut espérer que dans les trois semaines, que la courbe puisse descendre.

Où en est la vaccination à Mayotte ?

Nous sommes en retard, parce que nous avons commencé officiellement le 25 janvier. Il y a eu un retard dans l'approvisionnement à Mayotte dû au fait que les modalités de conservation du vaccin Pfizer ne sont pas faciles, donc il a fallu du temps pour nous approvisionner en congélateurs. ll y a eu jusqu'à ce jour 4 680 doses qui sont arrivées dans le territoire et 88% été consommées. J’alerte le gouvernement qu'il faut absolument nous vacciner assez rapidement. Ici, les gens ne sont pas aussi réticents qu'en France métropolitaine. On est dans un territoire où on a vécu beaucoup de maladies infectieuses et la vaccination, la population comprend ce que cela veut dire, en termes de prévention.

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