Des chiens renifleurs pour repérer le Covid-19 : 2 000 jeunes vont servir de cobayes

Des compresses avec l'odeur de ces étudiants, lycéens, collégiens et apprentis seront présentées aux chiens pour qu'ils tentent de reconnaître l'odeur du virus.

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Radio France
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Ici, le dressage des chiens à l'école nationale vétérinaire d'Alfort dans le Val-de-Marne. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

L'expérimentation qui vise à dresser des chiens renifleurs afin qu'ils repèrent les humains porteurs de Covid-19 passe à la vitesse supérieure, rapporte France Bleu Paris. Un an après le lancement du projet Nausaïs à l'école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne, la région Ile-de-France a officiellement lancé mercredi 17 février une opération de tests sur 2 000 jeunes, des étudiants, des lycéens, des collégiens et des apprentis.

Les jeunes vont se passer une compresse dans la nuque ou sous l'aisselle, compresse qui sera ensuite mise dans un pot et fixée à l'arrière de cônes d'olfaction, dans lesquelles les chiens vont venir mettre leur tête pour tenter de reconnaître et "marquer" l'odeur du virus.

Il s'agit d'évaluer si la technique est plus efficace qu'un test PCR

L'étude est dirigée par le professeur Dominique Grandjean, qui enseigne à l'École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. Elle est réalisée en partenariat avec l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, qui mène de son côté une recherche clinique pour évaluer si le dépistage des substances olfactives présentes dans la sueur reniflées par les chiens est plus sensible que le dépistage PCR de référence.

Les résultats seront connus dans "15 jours, trois semaines", explique à France Bleu Constance Delaugerre, professeur de virologie à l'hôpital Saint-Louis. S'ils sont probants, ils pourraient être démocratisés.

"Comme le chien détecte une compresse de transpiration positive au Covid-19 en moins de 60 secondes, on peut imaginer du dépistage dans des situations où il y a un grand nombre de personnes."

Constance Delaugerre

à franceinfo

"Les aéroports d'une part, poursuit la virologue, mais aussi les universités, où les chiens dépisteraient et où les seules personnes négatives pourraient entrer." "Ça serait vraiment révolutionnaire", ajoute Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France.

Le Pr Grandjean veut aller plus loin et former les chiens à reconnaître l'odeur du virus sur un masque : "C'est grâce à l'étude sur l'air exhalés des patients positifs et négatifs intubés de l'hôpital Foch de Suresnes qu'on a eu cette idée. Ils ont remarqué que sur les positifs on retrouvait toujours les mêmes molécules spécifiques à la maladie. Ils se sont dit que c'était peut-être les mêmes qu'il y a dans la sueur." Une expérimentation de chiens renifleurs de Covid-19 est également en cours autour du CHU de Bordeaux, avec le Ceva santé animale, premier laboratoire vétérinaire français.

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