Côtes-d'Armor : une usine de masques pourrait "raisonnablement ouvrir au courant de l'automne", selon Guy Hascoët

L'ancien secrétaire d'État a été missionné pour étudier la faisabilité de la réouverture de l'usine de Plaintel fermée en 2018. Le repreneur américain avait "délocalisé, cassé et détruit les machines". Imposssible de redémarrer dans un délai court donc, puisqu'il faut les refabriquer.

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L'usine de Plaintel fabriquait notamment des masques FFP2 (archive de 2005). (FRED DUFOUR / AFP)

L'usine de masques respiratoires de Plaintel dans les Côtes-d'Armor, pourrait rouvrir "au courant de l'automne", selon Guy Hascoët, chargé par la région Bretagne de piloter la mission d’étude sur la relance de la production dans cette usine, interrogé dimanche 26 avril sur franceinfo.

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L'usine a été fermée en 2018, après avoir été rachetée par un groupe américain. L'ancien secrétaire d’État à l’Économie Solidaire (2000-2002) est en train de "rassembler tous les éléments pour la faisabilité" et doit rendre ses conclusions "autour du 10 mai". En fonction de ses conclusions, Guy Hascoët estime qu'on "peut penser raisonnablement ouvrir au courant de l'automne".

franceinfo : Savez-vous quand va reprendre l'activité de l'usine, fermée en 2018 ?

Guy Hascoët : On a deux phases. On s'est donné grosso modo un gros mois pour rassembler tous les éléments pour la faisabilité, donc on roule sur un calendrier autour du 10 mai pour rendre les conclusions qui vont permettre d'engager le "go" et qui permettent aux différentes institutions de se prononcer sur un dossier. S'il y a un "go", on peut penser raisonnablement ouvrir au courant de l'automne. On est sur six mois au niveau du délai. La méthode ou la démarche consiste à interpeller toutes les familles professionnelles de la région. Des contacts ont été engagés avec tous les secteurs médicaux, paramédicaux, sanitaires et sociaux, tous les secteurs économiques dans leur variété (bâtiment, naval, agroalimentaire, agriculture en général, secteur des transports) pour savoir si les gens trouvent pertinent de relancer un outil territorial, s'ils sont prêts à orienter une partie de leurs commandes et lesquelles et s'ils sont disposés ou intéressés pour monter un projet coopératif puisque c'est sous ce statut que nous préparons le projet d'entreprise.

Une note de Bercy citée par le Journal du Dimanche dit que les masques grand public risquent de manquer le 11 mai, au moment où devrait être amorcé le déconfinement...

Ce n'est pas le même objet. Nous ne sommes pas sur ce produit-là. L'urgence, la contrainte, la course en cours entraînent le fait de trouver les réponses possibles dans les délais les plus rapprochés, c'est une problématique. Notre problématique, c'est de s'inscrire dans la durée, on ne fait pas des usines pour six mois. Une partie des professionnels médicaux se sont retrouvés en déficit de matériel ou sans matériel.

La question sur laquelle nous travaillons, c'est de sécuriser dans la durée l'ensemble des branches et s'organiser pour ne jamais se retrouver dans cette situation.

Guy Hascoët, ancien secrétaire d'État, missionné par la région Bretagne

à franceinfo

Honeywell Bull à l'époque a délocalisé, a cassé et détruit les machines. On aurait pu avec des machines qui auraient été remisées ou rangées quelque part imaginer un redémarrage rapide. Ce n'est pas le cas, nous sommes obligés de les faire fabriquer, il y a un délai incontournable.

Le chef de l'État vous a donné des garanties sur la pérennité de cette usine ?

Ce que nous cherchions à savoir et nous avons eu une réponse la semaine dernière, c'est que, si nous tenions le délai et que l'outil fonctionnait à l'automne, nous pourrions faire partie de la commande de reconstitution des stocks stratégiques, des stocks nécessaires à la lutte contre la pandémie en cours. La question que nous avons nous, ce ne sont pas les six mois qui viennent, c'est deux ans, trois ans, cinq ans, dix ans. Nous considérons que c'est en fédérant tous les acteurs du territoire breton autour du projet et leur engagement autour de cette unité de production, qu'on la stabilise dans le temps. Si les gens veulent repartir dans le mécanisme de l'autre bout du monde, à nouveau dans cette course, les mêmes maux produiront les mêmes effets le moment venu. La leçon, je pense qu'il faut la retenir, elle est forte, douloureuse. Il faut s'organiser différemment à l'avenir : c'est ce que nous essayons de préparer.

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